En octobre, les fédérations étudiantes avaient exigé que Québec reçoive sa part du gâteau fédéral avant le 5 janvier, à midi. Hier, les manifestants provenant des quatre coins de la province ont multiplié les slogans devant un édifice pratiquement désert, au moment même où les cloches de la Tour de la Paix résonnaient à douze reprises.
« Ça fait trois mois qu'on a lancé l'ultimatum, et ça fait encore bien plus longtemps que les conservateurs refusent de nous parler. On est tannés. Maintenant, on part en guerre » a déclaré Xavier Lefebvre Boucher, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).
Bourses du millénaire
La journée d'hier marquait la dissolution de la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire, créée il y a une décennie par le gouvernement Chrétien. Le Programme canadien de bourses aux étudiants prend le relais, doté d'un budget annuel frisant les 507 millions $. Depuis le 1er août, quelque 245 000 étudiants canadiens bénéficient du nouveau programme. Québec souhaite à nouveau se retirer avec pleine compensation, mais sans succès. Selon les fédérations étudiantes, entre 115 et 118 millions $ sont ainsi « pris en otages » dans les coffres fédéraux.
« L'éducation, c'est une compétence provinciale. Quand une province se retire d'un programme, on s'attend à ce qu'elle reçoive sa juste part », dénonce le président de la FECQ.
Dans la foule réunie devant le parlement, un manifestant brandissait un chèque surdimensionné, arborant le logo conservateur et la (fausse) signature de Stephen Harper. Libellé au nom du Québec, il affichait un montant de 0 $. Dans un geste symbolique, marquant une rupture dans le dialogue, les étudiants ont remplacé leurs drapeaux blancs par des étendards violets, afin d'illustrer la colère (rouge) des Québécois (bleu). « On nous a parlé de fédéralisme d'ouverture, mais rien n'a changé », estime M. Lefebvre Boucher.
Alliés universitaires
Les associations étudiantes universitaires ont ajouté leur voix à leurs collègues du collégial, dénonçant à leur tour « l'attitude et l'incompétence » de Québec et d'Ottawa. « Nous allons interpeller ces gouvernements, même celui qui ne veut pas gouverner », a indiqué le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Jean Grégoire, par voie de communiqué.










