C'est donc presqu'un quart de milliard $ qui sera versé en aide à Haïti, par l'entremise des organismes comme la Croix-Rouge canadienne ou OXFAM. A cette somme, il faut ajouter 21 millions $ offerts par des entreprises de partout au pays.
Les responsables d'organisations humanitaires qualifient de remarquable l'élan de générosité des Canadiens et Québécois dans les semaines qui ont suivi le séisme.
«Il y a eu un mouvement absolument fantastique de la part de la population, a estimé en entrevue Marquis Giguère, directeur des campagnes de financement pour Oxfam-Québec. Les gens, à partir du moment où ils ont compris l'ampleur de ce tremblement de terre et de la dévastation qu'il y avait à Port-au-Prince, il y a eu un mouvement de générosité absolument sans précédent qui s'est passé.»
Les organismes espèrent maintenant que l'élan saura se maintenir en raison de la tâche colossale à accomplir.
«Il va falloir les aider encore très longtemps, a déclaré le docteur Sylvain Couture, joint à Santo Domingo mais qui oeuvrait pour la Croix-Rouge dans un hôpital de Port-au Prince depuis le 16 janvier. La phase d'urgence, on calcule, la plupart des ONG, que ça va durer de six à 12 mois parce que les déplacés seront dans des camps 12 mois sinon plus. Et dans les camps c'est très dangereux ce qui peut se passer là, avec des épidémies qui peuvent apparaître.»
«Il faudra continuer d'en parler, de donner généreusement parce que ce n'est pas parce qu'on en parle moins maintenant dans les médias que ça va mieux, a-t-il poursuivi. Ça va un peu mieux qu'il y a un mois, mais il y a énormément de choses à faire.»
Sur le terrain, les organisations humanitaires travaillent d'arrache-pied pour répondre aux besoins de première nécessité, tout en se préparant à relever de nouveaux défis à court terme.
L'assainissement de l'eau, l'acheminement de nourriture, l'aménagement d'installations sanitaires et d'hébergement continuent de mobiliser les efforts des organismes. Cela dit, l'heure du répit n'a pas encore sonné puisque déjà, on commence à s'inquiéter de l'approche de la saison des pluies.
Ainsi, il faudra préparer les terres et procéder aux semences rapidement si l'on veut obtenir une récolte en juillet et éviter qu'une crise alimentaire ne vienne s'ajouter et freiner encore la stabilisation du pays.
«On sait que c'est le temps des récoltes. Déjà qu'Haïti était un des pays les plus pauvres avant cette situation, ce n'est rien pour aider. Si on n'arrive pas à faire les récoltes ou de faire les semences maintenant, on va avoir un autre type de problème alimentaire ou une crise alimentaire dans quelques mois», explique M. Giguère.
C'est aussi l'avis de Nicolas Moyer, coordonnateur de la coalition humanitaire, qui comprend Oxfam-Québec, Oxfam Canada, Save the Children et Care Canada.
«C'est clair que maintenant la phase initiale est passée, le choc initial est passé, a expliqué M. Moyer en entrevue. Maintenant, il y a beaucoup de gens qui commencent à penser à l'avenir. On doit penser à appuyer les fermiers dans les zones rurales qui doivent chercher à planter leurs semences pour assurer qu'il y ait des récoltes au mois de juillet.»
Il faut aussi tenter de relocaliser des centaines de milliers de personnes. De telles concentrations de citoyens dans des tentes ne peuvent être maintenues, sans risque, durant la saison des pluies.
Plusieurs organismes notent aussi que la situation sociale et économique d'Haïti s'améliorait depuis quelques années. Ils espèrent que tous les progrès réalisés ne seront pas anéantis par la catastrophe.
Le tremblement de terre du 12 janvier a fait au moins 217 000 morts. Vendredi, les Haïtiens ont souligné cette catastrophe par une journée de deuil national.
A Ottawa, le gouvernement a confirmé le décès de 29 Canadiens, mais 63 autres manquent toujours à l'appel.
Quelques familles canadiennes attendent toujours que les corps de leurs proches soient retrouvés dans les décombres. Elles expriment de plus en plus de frustration devant la lenteur du processus d'identification et de rapatriement des dépouilles.











