Le chef libéral, Michael Ignatieff, a fait savoir suite au dépôt du document, jeudi, que ses députés s'opposeraient au budget fédéral, mais pas en nombre suffisant pour renverser le gouvernement.
«J'ai lu le budget. J'ai fait mon mieux pour trouver quelque chose de bon dans le budget. Je n'ai pas réussi», a-t-il néanmoins déclaré, d'entrée de jeu.
Les leaders libéral, bloquiste et néo-démocrate ont tour à tour déploré, en point de presse à leur sortie des Communes, que le budget du ministre des Finances, Jim Flaherty, ne vienne pas en aide aux chômeurs, aux aînés ou à l'environnement.
Mais seul le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a été catégorique à l'effet que ses troupes voteraient contre le budget, car ce dernier n'a rien de rentable pour le Québec selon lui.
Citant au passage le manque d'aide apporté à l'industrie forestière, à l'aéronautique, à l'hydroélectricité, au logement social ou encore à la culture, M. Duceppe a estimé que le budget démontrait «que le fédéralisme n'est pas rentable pour le Québec».
Du côté du Nouveau Parti démocratique, le leader de la formation, Jack Layton, a laissé planer le doute, malgré les questions incessantes des journalistes. Il a affirmé qu'il n'appuyait pas le document, mais impossible de savoir si ses troupes se prononceront contre le gouvernement, au moment du vote.
Quelques minutes après que le chef libéral eut mis fin au suspense en annonçant qu'il sauverait le gouvernement conservateur, le parti a toutefois dépêché son chef adjoint, Thomas Mulcair, pour préciser sa position.
M. Mulcair a ainsi fait savoir, à demi-mots, que les néo-démocrates voteraient contre le budget. Mais le caucus du parti doit d'abord en discuter, a-t-il souligné.
«Je pense que ça ne requiert pas énormément d'analyse pour comprendre comment je m'oriente», a simplement indiqué le député québécois, après avoir soutenu que le budget fédéral ne prévoyait rien pour les pensions de retraites, les personnes âgées, la création d'emploi et les chômeurs.
L'appui d'un seul parti d'opposition suffit au gouvernement minoritaire pour survivre à un vote de confiance.
Pour justifier sa position, M. Ignatieff a soutenu avoir entendu les Canadiens, qui ne veulent pas d'élections pour le moment.
Le chef libéral avait accusé un sévère revers dans les intentions de vote partout au pays l'automne dernier, lorsqu'il a menacé de renverser le gouvernement à la première occasion. Depuis, il se fait plus prudent.
Refusant d'admettre qu'il maintenait les conservateurs au pouvoir car son parti n'est pas prêt à affronter l'électorat canadien, M. Ignatieff a argué qu'il préparait plutôt une solution de rechange au gouvernement Harper.
«Etape par étape, nous mettons sur pied une alternative», a-t-il expliqué.
«Et quand cette alternative sera prête, quand les Canadiens verront un choix clair entre des coupures et des gels et des subterfuges, et une alternative qui fait rouler cette économie, qui répond vraiment aux défis de l'emploi et de la croissance, alors peut-être que nous aurons une élection», a détaillé le leader libéral, semblant ainsi reconnaître du bout des lèvres qu'il attendait que sa formation soit en meilleure position dans les sondages.












