Président national de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), John Gordon s'attendait à un gel. Il a été servi. Les budgets des ministères ne seront pas augmentés pour couvrir la hausse salariale de 1,5 % prévue cette année. Leurs budgets de fonctionnement seront bloqués jusqu'à la fin de l'exercice 2012-2013.
« Le gouvernement conservateur lance une attaque contre les services publics de qualité », a réagi M. Gordon, disant craindre que les mesures annoncées se traduisent par des pertes d'emplois.
Pensions
Bien que le budget n'aborde pas explicitement le dossier des pensions, il évoque la nécessité de mieux gérer les coûts de la rémunération, y compris les avantages sociaux.
« Il y a déjà eu beaucoup de rumeurs quant à de possibles attaques contre les pensions des fonctionnaires, rappelle M. Gordon. Ils n'ont pas vraiment éliminé nos craintes, puisque ça semble toujours être sur la table. »
À l'instar du budget Flaherty, le président de l'AFPC met lui aussi la table pour des négociations qui s'annoncent ardues.
« On ne négocie pas avec les ministères, mais bien avec le Conseil du Trésor, prévient-il. C'est leur obligation de s'asseoir avec nous pour négocier une convention collective décente, ce qui inclut les salaires. S'ils disent qu'ils ne mettront pas un sou, avant même qu'on se présente à la table, ils refusent de négocier de bonne foi. »
Sentiments partagés à l'IPFPC
Président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Gary Corbett est habité de sentiments partagés. Les pensions n'ont pas subi les attaques appréhendées. De plus, Ottawa ne renie pas sa signature et verse la hausse salariale prévue en 2010. « C'est une bonne nouvelle, mais en même temps, les ministères devront opérer avec moins d'argent. Et ça, c'est inquiétant. »
Sans compter, poursuit-il, qu'un gel du budget des ministères aura très certainement un impact sur le recrutement et la rétention. « Comment vont-ils livrer la marchandise en matière d'innovation ? Ça envoie un message contradictoire », estime M. Corbett.
Le président de l'IPFPC est heureux de constater que le gouvernement entend discuter avec les agents de négociation du secteur public, non seulement de la rémunération, mais aussi de l'organisation du travail. « Mes membres ont des solutions à apporter », dit-il.
Quant aux prochaines négociations, il traversera le pont une fois rendu à la rivière. « Nos membres ont fait leur part, et vont continuer à la faire. »












