Le BST soulève des problèmes « critiques » dans nos transports

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Patrice Gaudreault
Le Droit

Le Bureau de la sécurité des transports (BST) a dévoilé, hier, son palmarès des « problèmes critiques » qui posent les plus grands risques pour les Canadiens, qu'ils voyagent par eau, par terre ou par air.

Des tendances inquiétantes se retrouvent sur cette « liste de sur­­veillance », qui a des airs de déjà-vu pour les enquêteurs qui posent chaque année leur loupe sur quelque 4000 incidents.

Le risque que des trains de voyageurs entrent en collision avec des véhicules aux passages à niveau « demeure trop élevé » dans les couloirs ferroviaires achalandés, constate le BST. De telles collisions sont survenues 380 fois depuis 15 ans - soit une fois toutes les deux semaines - faisant 106 victimes.

Les trains en cause dans les dé­­raillements sont non seulement plus lourds que jamais, mais ils sont plus allongés, dépassant par­­fois 150 wagons étalés sur trois kilomètres, ce qui a pour effet d'amplifier les conséquences désastreuses.

Le BST s'inquiète aussi du nombre d'incidents entraînant des pertes de vies en ba­­teaux de pêche. En moyenne, 445 accidents maritimes sont déclarés chaque année - dont près de la moitié concerne des bateaux de pêche - fauchant une douzaine de vies. Les modifications apportées aux bateaux, conjuguées à la non-disponibilité d'équipement de sauvetage, sont particulièrement préoccupantes.

La préparation aux situations d'urgence à bord des grands traversiers doit aussi être améliorée. Une centaine de navires du genre sont exploités au pays. En situation d'urgence, les membres d'é­­quipage doivent contrôler les mou­­vements de foule, communi­­quer dans plusieurs langues et trouver les passagers manquant à l'appel. Malheureusement, les exercices réalistes d'abandon de navire restent volontaires.

Le Bureau fait état d'un risque faible, « mais persistant », que des avions entrent en collision avec des véhicules ou d'autres aé­­ronefs au sol. Entre 1999 et 2008, des « incursions de pistes » sont survenues à 3831 reprises dans des aéroports canadiens. « Compte tenu des millions de dé­­collages et d'atterrissages cha­­­­que année, les incursions sont rares, concède la présidente du Bureau, Wendy Tadros. Par contre, les conséquences peuvent être catastrophiques. »

L'organisme indépendant ob­­serve que des accidents à l'atter­­rissage et des sorties de piste con­­tinuent de se produire dans les aéroports du pays. Par mauvais temps, les pilotes doivent recevoir des renseignements op­­portuns sur l'état de la piste, plaide le BST, qui recommande aux aéroports de prolonger les aires de sécurité au bout des pistes.

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