L'émission Infoman, diffusée sur les ondes de Radio-Canada jeudi soir, a révélé que Dimitri Soudas étalait beaucoup d'informations personnelles sur sa page, où il accueillait sans poser de questions n'importe quel «ami».
M. Soudas a ainsi accepté l'amitié - factice et offerte par l'émission satirique - d'un homme recherché par la Gendarmerie Royale du Canada (GRC). Il a par la suite échangé au moins un courriel avec ce dernier.
«Je ne l'ai pas invité dans mon salon quand même», s'est-il défendu, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.
Dimitri Soudas est l'attaché de presse principal du premier ministre et fait partie de sa garde rapprochée. Il représente donc une «cible potentielle» pour les services de renseignements étrangers, a expliqué à l'émission un ancien agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et expert en matière de sécurité, Michel Juneau-Katsuya.
A la suite de la diffusion du reportage, qu'il a affirmé ne pas avoir visionné, M. Soudas a fermé son compte Facebook.
«Ma vie ne va pas changer de façon draconienne si j'ai ou si je n'ai pas une page Facebook», a indiqué l'attaché de presse, qui était peu bavard sur cette affaire.
L'équipe d'Infoman a également diffusé des photographies de sa famille, son épouse et ses enfants, tout en masquant leur visage, qui se trouvaient sur le site Internet. La mise en ligne de ces images représentait déjà une menace à leur sécurité, selon M. Juneau-Katsuya.
Mais de l'avis du bras droit de M. Harper, d'éventuels malfaiteurs n'ont pas besoin de Facebook pour recueillir des informations sur lui ou sur ses collègues. Il n'a donc pas l'impression d'avoir menacé la sécurité de qui que ce soit, et encore moins la sécurité nationale.
«Mettre des photos sur ma page personnelle de mon épouse, de mes enfants; je ne savais pas que c'était un crime», a-t-il argué.
Or, en raison de sa position dans l'appareil gouvernemental, M. Soudas aurait dû être prudent et il a agi de façon irresponsable, a estimé l'opposition.
«Dans la position que M. Soudas a, il faut qu'il soit extrêmement prudent, comme toute personne au plan politique, et il ne l'a pas été donc à mon sens il a manqué à ses responsabilités», a déclaré le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette.
Joint au téléphone, le libéral Denis Coderre, qui est très actif sur Facebook et d'autres médias sociaux, a pour sa part refusé de jeter le blâme sur l'attaché de M. Harper. Cet événement ne sert qu'à réitéré qu'il faut être vigilant lorsqu'on occupe un poste avec des responsabilités comme celles qu'assume M. Soudas, a-t-il noté.
«Il y aura toujours des gens qui sont malfaisants et il ne faut pas prendre de chances (...) Oui il faut être prudent et ne pas accepter n'importe qui», a soutenu le député, qui s'était lui-même fait piéger par l'équipe d'Infoman à ses débuts sur Facebook.
Pour l'instant, le Parti conservateur n'a pas émis de ligne de conduite pour ses députés, quant à leur utilisation du site de réseautage social.
«Il n'y a pas de règles officielles ou de prescriptions, mais certainement les règles du bon sens doivent être appliquées», a noté le député Brent Rathgeber, à sa sortie des Communes vendredi.
Christopher David Meer compte 21 amis sur Facebook et il est fan de plusieurs ministres conservateurs, ainsi que du premier ministre Harper. Il n'est cependant pas nécessaire d'obtenir l'approbation de la personnalité lorsqu'on désire devenir son admirateur.













