Les Québécois doivent savoir que leurs intérêts ne sont pas bien protégés

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Le député péquiste Bernard Drainville

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Les Québécois doivent savoir à quel point leurs intérêts ne sont pas bien protégés par le gouvernement, qui est trop empêtré dans ses problèmes.

C'est la mission que se donne le député Bernard Drainville à titre de nouveau porte-parole des affaires intergouvernementales canadiennes.

Pauline Marois vient en effet de le nommer à ce poste dans un remaniement de son cabinet fantôme, en remplacement d'Alexandre Cloutier, muté à l'Emploi et à la Solidarité sociale.

Autrefois porte-parole en Santé, M. Drainville s'est démarqué par sa pugnacité en Chambre, où il a attaqué sans relâche le ministre Philippe Couillard et son successeur, Yves Bolduc.

Dans un point de presse avant le début du caucus péquiste à Salaberry-de-Valleyfield, mercredi matin, M. Drainville affirmé que le Québec était «malmené» et «négligé» par le gouvernement fédéral dans plusieurs dossiers.

À ses yeux, les pommes de discorde avec Ottawa sont nombreuses: l'abolition du registre des armes à feu, l'harmonisation de la TPS et de la TVQ, l'aide à l'industrie forestière, etc.

Or, «l'actuel gouvernement (du Québec) est tellement empêtré dans ses propres problèmes, tellement pris à se défendre sur toutes sortes de dossiers, toutes sortes d'allégations, qu'il n'a plus le temps de s'occuper des intérêts du Québec, de se battre pour les Québécois, pour qu'on ait notre juste part, pour que nos valeurs soient bien protégées», a déclaré M. Drainville.

La nomination de cette vedette de l'opposition se fait dans la foulée de l'adoption de son ébauche de programme au début de l'été, qui veut remettre la souveraineté à l'ordre du jour.

Le député a affirmé que le PQ veut ainsi recommencer à dire pourquoi il faut faire la souveraineté.

«Je vais me battre pour que les Québécois voient à quel point il faut s'occuper de nos affaires, a indiqué M. Drainville. Ce n'est pas vrai que les intérêts du Québec et les intérêts du Canada anglais sont toujours les mêmes.»

Dans le domaine économique, ce n'est certainement pas le cas, a-t-il précisé, ainsi que sur un certain nombre de dossiers, comme la langue, la culture.

«Ma job, c'est de m'assurer que le Québec soit respecté par le Canada anglais et par le gouvernement fédéral», a-t-il résumé.

Il s'est toutefois défendu de vouloir changer le ton par rapport à son prédécesseur, M. Cloutier, sinon en affirmant que chaque député a son style propre.

Sa priorité à court terme: le registre des armes à feu. Un projet de loi conservateur fait son chemin à la Chambre des communes en vue d'exclure les armes d'épaule du registre. Le Bloc et le Parti libéral s'y opposent, mais le NPD est partagé.

En cas d'adoption du projet de loi, M. Drainville réclame carrément que le Québec récupère sa portion du registre pour le gérer lui-même, «pour s'assurer que nos filles à la Polytechnique ne soient pas mortes pour rien».

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