Registre des armes à feu: les conservateurs perdent des appuis

Les conservateurs perdent des appuis pour leur campagne visant à mettre  fin î.. (Photo: Archives PC)

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Les conservateurs perdent des appuis pour leur campagne visant à mettre fin à l'enregistrement des fusils de chasse: un autre député néo-démocrate apporte désormais son appui au registre, au moment même où un nouveau sondage indique que la population est plus que jamais en faveur de son maintien intégral.

Mardi, c'était au tour du député néo-démocrate Glenn Thibeault de changer son fusil d'épaule.

Le député de Sudbury, dans le nord de l'Ontario, a annoncé qu'il se range désormais derrière son chef, Jack Layton, qui milite en faveur du maintien intégral du registre, incluant les fusils de chasse.

Un autre député du Nouveau Parti démocratique (NPD), Charlie Angus, avait fait volte-face la semaine dernière.

Avec ces revirements, le nombre de députés qui appuieront les conservateurs pour abolir l'enregistrement des armes d'épaule est d'autant réduit.

Puisque le chef des libéraux, Michael Ignatieff, va imposer à ses troupes de voter pour maintenir le registre dans son intégralité et que tous les députés du Bloc québécois ont déjà annoncé qu'ils feront de même, tous les yeux sont maintenant tournés vers les néo-démocrates qui peuvent faire pencher le vote d'un côté ou de l'autre.

Lors du dernier scrutin sur le projet de loi C-391 de la députée conservatrice Candice Hoeppner - qui cherche à mettre fin à l'obligation d'enregistrer les fusils de chasse - 12 députés du NPD, dont MM. Thibeault et Angus, avaient appuyé la mesure pour l'envoyer à l'étude en comité.

«J'ai passé l'été à écouter mes électeurs et les dirigeants communautaires. J'ai pris ma décision en fonction de ce que disaient des gens comme Frank Elsner (le chef de police du Sudbury métropolitain)», a indiqué M. Thibeault pour expliquer sa nouvelle position.

Le député de Sudbury a aussi donné son soutien mardi au projet de loi d'initiative parlementaire du NPD, que le parti a présenté comme un compromis entre les diverses positions parce qu'il propose notamment d'abolir les peines automatiques de prison pour les omissions d'enregistrer les armes.

Le projet de loi, qui sera déposé à la rentrée parlementaire, a cependant été accueilli avec scepticisme, notamment parce qu'il risque d'être présenté aux parlementaires après celui de Mme Hoeppner qui sera soumis à un vote crucial le 22 septembre.

Jack Layton a réitéré à maintes reprises qu'il refuse d'imposer une ligne de parti à ses députés pour s'opposer à C-391. Il tente plutôt de rallier ses troupes autour de son projet de loi.

Ils ne seraient plus que sept députés néo-démocrates à ne pas avoir encore annoncé publiquement leurs intentions pour le prochain vote sur le registre.

Mais leurs électeurs pourraient leur avoir envoyé quelques indications pour prendre leur décision.

Selon un nouveau sondage La Presse Canadienne/Harris Decima, dévoilé mardi, près de la moitié des Canadiens estiment qu'abolir l'obligation d'enregistrer les fusils de chasse serait une mauvaise idée.

Selon les résultats du sondage, 48 pour cent de la population souhaite conserver le registre dans son intégralité, alors que 38 pour cent croit que l'enregistrement des armes d'épaule devrait être aboli.

En avril 2010, 42 pour cent des personnes sondées - et 41 pour cent en novembre 2009 - estimaient qu'éliminer l'enregistrement des fusils de chasse serait une mauvaise idée.

Il s'agit d'un soutien accru envers le registre, bien qu'il ne soit pas substantiel, ni forcément définitif, a précisé Doug Anderson, vice-président chez Harris-Decima.

Le sondage a été mené entre le 26 et le 29 août 2010 auprès de 1000 personnes. Le sondage a une marge d'erreur de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20.

Mardi, les libéraux ont aussi lancé une campagne en ligne intitulée «Sauvez des vies: sauvez le registre des armes à feu».

Ils veulent inciter les citoyens à prendre position en faveur du registre et à faire connaître publiquement leur appui.

«Le temps file. Les Canadiens et les Canadiennes doivent nous aider à sauver le registre», a expliqué le libéral Marcel Proulx, en point de presse, mardi.

«Il faut maintenir la pression sur Jack Layton pour qu'il force son caucus à voter avec nous», a-t-il ajouté, l'accusant de ne pas prendre une position ferme envers le registre.

Les libéraux en profitent ainsi pour décocher quelques flèches au NPD en incitant notamment la population à envoyer des courriels à Jack Layton ainsi qu'à tous les députés de ce parti qui n'ont pas encore pris publiquement position contre le projet de loi C-391.

Le député néo-démocrate Thomas Mulcair accuse à son tour les libéraux de chercher à faire de la politique sur le dos du NPD.

«Si les libéraux sont moindrement sincères, ils vont s'asseoir avec nous et essayer d'apporter au registre les modifications qui s'imposent», a expliqué le député d'Outremont, en entrevue mardi avec La Presse Canadienne.

«À la place, on a les libéraux en train de jouer un jeu politique, on a les conservateurs qui font du financement politique avec ce dossier-là, alors la voie de la raison qui dit «Oui, il faut maintenir le registre et il faut apporter des changements', c'est le NPD», conclut-il.


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