Plusieurs arrêts de production ont eu lieu en janvier et d'autres se poursuivront jusqu'à la fin mars, a confirmé un porte-parole de l'entreprise montréalaise, Pierre Choquette. Au Québec, les usines de Beaupré, de Kénogami et de Shawinigan sont notamment visées.
«Depuis les Fêtes, la majorité des usines au Québec ont toutes été touchées par des arrêts d'au moins une semaine», a précisé M. Choquette au cours d'un entretien téléphonique.
Ces nouvelles réductions devraient retrancher entre 100 000 et 125 000 tonnes à la capacité de production de papier journal, 70 000 tonnes à celle du papier commercial et 30 000 tonnes à celle de la pâte.
Dans des documents déposés lundi auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des Etats-Unis, AbitibiBowater a révélé de nouveaux détails sur sa situation financière difficile.
On y précise notamment que les liquidités de l'entreprise ont «diminué considérablement» en janvier et au début février à cause d'un important paiement d'intérêts et de la baisse des ventes.
La forestière reconnaît qu'elle fait face à de «sévères contraintes de liquidités» et qu'elle pourrait être incapable de respecter les obligations de ses titres de dette, dont la valeur totalise 5,9 milliards $ US. Des emprunts de plus d'un milliard de dollars US viennent à échéance d'ici le mois d'août.
AbitibiBowater compte se renflouer en partie d'ici la fin du mois en vendant, pour environ 56 millions $ US, des terres forestières. L'entreprise doit aussi céder ses actifs hydroélectriques ontariens à une filiale de Brookfield Assets Management (TSX:BAM) pour 197,5 millions $, mais l'accord final n'a pas été conclu. La cession de barrages au Québec est aussi envisagée.
Selon les documents dévoilés lundi, Abitibi prévoit déclarer à son quatrième trimestre, terminé le 31 décembre, un bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation d'actifs et charges diverses se situant entre 235 et 245 millions $ US. En décembre, l'entreprise prévoyait plutôt qu'il s'élèverait entre 245 et 275 millions $ US.
D'importantes dépréciations d'actifs sont à prévoir en raison de la grave baisse de la demande pour le papier journal et le bois d'oeuvre produits, a indiqué lundi AbitibiBowater.
Les documents communiqués à la SEC accompagnaient une offre publique d'échanger des titres de dette d'une valeur totale de 1,8 milliard $ pour de nouveaux billets portant des taux d'intérêt plus élevés.
Le succès éventuel de cette offre d'échange «éliminerait le risque de refinancement à court terme» d'AbitibiBowater, a estimé lundi DBRS. L'agence de notation de crédit torontoise a toutefois rappelé que l'annonce ne concernait pas un prêt de 347 millions $ US qui vient à échéance à la fin mars. AbitibiBowater restera donc sur sa liste de surveillance.
Plusieurs analystes financiers s'attendent à ce qu'AbitibiBowater doive demander la protection des tribunaux pour se restructurer à l'abri de ses créanciers, et ce d'ici la fin de l'année.
On a par ailleurs appris, vendredi, que le fonds d'investissement privé américain Steelhead Partners était devenu le plus important actionnaire d'AbitibiBowater.
Basé à Seattle, Steelhead Partners a indiqué dans des documents déposés auprès de la SEC qu'il détenait désormais 14,8 pour cent des actions d'AbitibiBowater. En l'espace d'à peine quelques semaines, le fonds a ainsi triplé le nombre d'actions qu'il possède dans la forestière.
L'action d'AbitibiBowater a chuté lundi de 11,1 pour cent pour clôturer à 88 cents à la Bourse de Toronto.










