Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal soutient que l'agence QMI sert en fait à rediriger vers le Journal de Montréal des textes et photos provenant d'autres publications de Quebecor Media, ainsi que de leurs sites Web. Cela contreviendrait selon lui aux dispositions antibriseurs de grève du Code québécois du travail.
Dans sa requête, qui a été présentée à la presse mardi, le syndicat demande notamment à la Commission des relations du travail d'émettre une ordonnance enjoignant au Journal de Montréal de cesser de publier dans le quotidien tout texte ou photo provenant de l'agence QMI ou du journal 24 heures, du magazine 7 jours, des publications Ici, des hebdomadaires régionaux de Quebecor, des sites Internet 7jours.ca, 24heures.ca, Canoe.ca et Argent.ca.
«Notre prétention est que le Journal de Montréal et Quebecor ont mis en place des stratagèmes pour faire en sorte d'alimenter le contenu du journal, malgré le fait qu'on ait lock-outé l'ensemble des salariés et des artisans du journal», a expliqué le président du syndicat, Raynald Leblanc.
La requête sera entendue à compter du 15 avril.
Le lock-out au Journal de Montréal a été décrété le 24 janvier dernier et touche les 253 membres du syndicat affilié à la CSN.
Réaction de Quebecor
De son côté, Quebecor assure qu'il ne contrevient pas aux dispositions antibriseurs de grève. «Le Journal de Montréal, dans le cadre de ce conflit de travail-là, respecte pleinement le Code du travail et les lois du Québec», a soutenu la vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor Media, Isabelle Dessureault.
Elle affirme également que la création de l'agence QMI n'est «pas quelque chose qui est lié directement au conflit de travail au Journal de Montréal» et a simplement à voir avec la volonté de Quebecor de mettre à profit toutes ses composantes médiatiques. «Le projet de l'agence QMI est un projet d'agence d'entreprise qu'on chérit et qu'on prépare depuis à peu près deux ans», a affirmé Mme Dessureault.
La porte-parole de Quebecor dit s'étonner également que la plainte du syndicat soit basée sur plusieurs articles de la convention collective, alors qu'à ses yeux, depuis le lock-out, la convention collective ne s'applique plus.










