Les travailleurs d'AbitibiBowater à Gatineau applaudissent l'aide de Québec

Le président de la section locale 142 des... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Le président de la section locale 142 des travailleurs de l'usine de Gatineau, Gaston Carrière.

Étienne Ranger, LeDroit

Louis Lafortune
Le Droit

Le gouvernement du Québec a fait sa part en offrant une garantie de prêt d'urgence de 100 millions $ US à la papetière AbitibiBowater, et c'est maintenant au fédéral d'emboîter le pas, martèlent les représentants des 450 travailleurs de l'usine de Gatineau.

« Disons que la porte est ouverte et on va s'assurer qu'elle ne se ferme pas, a réagi Daniel Cloutier, président du Local 251 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), qui regroupe 74 travailleurs des machines à papier à l'usine du boulevard Maloney. C'est un début, mais ce n'est pas assez. Maintenant, on en attend plus du fédéral. »

Québec dit vouloir aider les 7500 travailleurs d'AbitibiBowater à travers la province. Le plus important producteur de papier journal au monde s'est placé sous la protection des tribunaux, jeudi aux États-Unis, et hier au Canada. AbitibiBowater traîne une dette de 6 milliards $ US.

Gaston Carrière, le président du Local 142 qui regroupe 370 travailleurs des quarts de métiers à l'usine de Gatineau, souhaite lui aussi que le fédéral fasse sa part pour aider AbitibiBowater à traverser cette crise.

À ce jour, Ottawa a toujours refusé sous prétexte que cette aide risque de contrevenir à l'Accord sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis et de provoquer des représailles de la part des Américains.

Une position qui irrite au plus haut point Gaétan Ménard, secrétaire trésorier du SCEP, qui la qualifie de « bullshit ». Selon lui, le geste de Québec envoie un message clair au fédéral : celui d'aider davantage l'industrie de la forêt.

« Le gouvernement canadien a lancé la serviette. Ç'a n'a aucun bon sens. Il n'y a absolument rien dans l'accord qui interdit d'offrir des garanties de prêts aux taux du marché. Ce n'est pas une subvention. Le gouvernement du Québec, lui, a mis ses culottes et il a offert une garantie de prêt. Et si les Américains contestent, on ira se battre devant les tribunaux. Mais au moins, ayons le courage d'appuyer l'industrie forestière. »

Le ministre des Finances et du Développement économique du Québec, Raymond Bachand, s'est d'ailleurs dit convaincu, hier, que l'aide de la province ne contrevient à aucun accord avec les États-Unis.

Du « vieil argent » du fédéral

Gaston Carrière, lui, n'a pas été impressionné par la réponse du ministre fédéral responsable de l'Outaouais, Lawrence Cannon, jeudi. S'avouant inquiet pour les travailleurs d'AbitibiBowater, M. Cannon a rappelé qu'Ottawa a consacré, dans son budget de janvier dernier, une aide de 170 millions au secteur forestier. Le ministre a aussi souligné le fonds d'un milliard de dollars pour aider les communautés aux prises avec des fermetures dans le secteur de la forêt.

« Le ministre Cannon semble se péter les bretelles avec ça, lance Gaston Carrière. Mais les conservateurs n'ont rien donné de nouveau. C'est du vieil argent. C'est bien loin de ce que le secteur automobile a reçu. Ça fait dur en tabarouette. »

Chez AbitibiBowater, le porte-parole, Pierre Choquette, affirme que l'aide est bienvenue et permettra à la papetière de poursuivre ses opérations, incluant à l'usine de Gatineau, pendant la période de restructuration. « Ça lance aussi un signal clair pour les employés, les fournisseurs, etc. C'est une garantie supplémentaire qui fait en sorte que nous poursuivons nos opérations. »

M. Choquette a précisé que le gouvernement du Québec n'est pas le prêteur directement, mais il garantit les prêts qu'AbitibiBowater ira chercher au privé.

Le ministre responsable de l'Outaouais à Québec, Norm MacMillan, souligne quant à lui que la province a agi rapidement.

« On est dans une crise mondiale et il fallait faire quelque chose. On a réagi rapidement en espérant sauver les emplois. Et s'il fallait que ça tourne mal, on a des programmes de formation pour aider les employés à se replacer ou à se recycler. On me dit que c'est une usine qui est rentable à Gatineau. »

Le Bloc intervient

Au Parlement, le Bloc québécois est revenu à la charge, hier, réclamant une intervention du fédéral. « Le gouvernement de Stephen Harper devrait enfin comprendre qu'il est nécessaire et urgent de mettre en place un programme de garanties de prêts comparable à celui offert à l'industrie automobile ontarienne », affirme Robert Bouchard, porte-parole en matière d'industrie, petite entreprise et tourisme.

Selon M. Bouchard, il est inacceptable que les conservateurs privilégient l'industrie de l'auto de l'Ontario au détriment de l'industrie forestière du Québec.

Avec Patrick Duquette

et La presse Canadienne

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