Le syndicat des employés d'AbitibiBowater réagit au nouveau comité d'aide à l'industrie forestière

Le fédéral se «déresponsabilise», selon le syndicat

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Le fédéral se «déresponsabilise», selon le syndicat

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Archives, LeDroit

Louis Lafortune
Le Droit

Les travailleurs de l'usine AbitibiBowater à Gatineau ne sont guère impressionnés par la décision du fédéral, hier, de former un comité d'aide à l'industrie qui se penchera sur les difficultés de l'industrie forestière.

« On dirait que le fédéral veut nous laisser crever avant de nous aider. On s'attendait à des choses bien plus concrètes. On appelle ça se déresponsabiliser. Le gouvernement fédéral se déresponsabilise en formant cette commission », a déclaré Gaston Carrière, président du Local 142 du Syndicat canadien de l'énergie et du papier (SCEP) qui regroupe 370 travailleurs des quarts de métiers à l'usine de papier journal du boulevard Maloney.

Formé de bureaucrates d'Ottawa et de Québec, ce comité fédéral-provincial doit remettre un rapport d'ici le 15 mai.

« Le fédéral annonce la formation d'un comité. C'est un peu comme une commission parlementaire. Si cette commission détermine qu'il faut accorder des montants additionnels à l'industrie, est-ce que le fédéral va vouloir ? Il ne veut pas depuis le début », estime M. Carrière.

L'industrie a besoin d'une aide immédiate, ajoute-t-il, surtout des garanties de prêt, comme celui de 100 millions $ accordés par Québec à AbitibiBowater vendredi. Le plus important producteur de papier journal au monde, s'est placé sous la protection des tribunaux au Canada et aux États-Unis, la semaine dernière.

La multinationale, qui compte 7500 travailleurs au Québec, a tenté sans succès de restructurer sa dette de 6 milliards $ US. AbitibiBowater a obtenu la protection le temps de procéder à une restructuration de ses exploitations.

Gaétan Ménard, secrétaire trésorier national au SCEP, affirme pour sa part que les gouvernements forment des comités quand ils ne savent pas quoi faire. « Il est essentiel que le fédéral intervienne tout de suite, non pas pour faire du placotage, mais avec des actions concrètes, comme celle que le gouvernement du Québec a posées, la semaine dernière, mais à une plus grande échelle. »

Sur la défensive

Du côté d'AbitibiBowater, le directeur des relations gouvernementales et affaires publiques pour le Québec, Pierre Choquette, a indiqué que l'entreprise veut connaître davantage les détails entourant ce comité. « Va falloir prendre le temps de bien regarder ça et de voir quel rôle on peut jouer. On va offrir toute notre collaboration. On va voir par la suite ce qui peut advenir. »

Sur la Colline parlementaire hier, les ministres conservateurs ont défendu leur position hier. « Ce qui est important aujourd'hui, c'est qu'il y a un comité spécial qui a un mandat jusqu'au 15 mai », a dit aux journalistes Denis Lebel, député de Roberval-Alma et ministre responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec

« Ce n'est pas une éternité pour accoucher de résultats spécifiquement sur six secteurs d'activité, dont trois que nous estimons très prioritaires, c'est-à-dire d'abord vérifier l'accès au crédit, qu'est-ce qui est possible d'être fait ? Ensuite de ça, le support aux collectivités et aux travailleurs qui sont touchés par la crise actuelle, ainsi que l'aménagement forestier et la sylviculture. Et on pense la sylviculture peut être un élément important pour faire travailler les gens dans les régions forestières. »

Le ministre du Revenu et député de Jonquière-Alma, Jean-Pierre Blackburn, estime pour sa part qu'il faut évaluer un ensemble de mesures pour aider le secteur forestier tout en respectant l'accord sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis.

Des efforts

Le ministre fédéral responsable de l'Outaouais et député de Pontiac, Lawrence Cannon, a répété hier que son gouvernement fait des efforts pour aider le secteur de la forêt.

En mission au Mexique, M. Cannon a indiqué au Droit par courriel qu'il demeure préoccupé par la situation dans l'industrie forestière, un secteur durement touché dans son comté. Il maintient que le gouvernement est très actif dans son dossier, notamment avec l'annonce d'hier du comité. En plus des 170 millions $ pour la recherche et la mise en marché de produits de la forêt, les conservateurs ont également alloué un fonds d'un milliard de dollars pour aider les communautés aux prises avec des fermetures dans le secteur de la forêt.

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