Les ventes d'AbitibiBowater dégringolent, mais sa perte fond

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Les ventes d\'AbitibiBowater dégringolent, mais sa perte fond

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Étienne Ranger, LeDroit

 

Sylvain Larocque
La Presse Canadienne

Les ventes de la papetière AbitibiBowater ont dégringolé de 35,6 pour cent au premier trimestre de 2009, mais l'entreprise montréalaise a tout de même réussi à réduire sa perte nette.

Pour la période terminée le 31 mars, le chiffre d'affaires d'Abitibi s'est établi à 1,11 milliard $ US, comparativement à 1,73 milliard $ US pendant le trimestre correspondant de l'an dernier, a indiqué la compagnie dans un document déposé en douce, la semaine dernière, auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des Etats-Unis.

La perte nette s'est élevée à 218 millions $ US (3,78 $ US par action), alors qu'elle s'était chiffrée à 248 millions $ US (4,32 $ US par action) il y a un an.

L'amélioration du résultat net s'explique surtout par une baisse de 640 millions $ US des coûts de fabrication, l'effet favorable des taux de change (estimé à 141 millions $ US), une réduction de 27 millions $ US des coûts de main-d'oeuvre et un gain de 33 millions $ US découlant d'un crédit d'impôt américain offert pour l'utilisation d'un carburant appelé «liqueur noire», un sous-produit du procédé de pâte kraft.

Mercredi, le Canada, la Commission européenne et le Brésil ont écrit au Congrès américain pour lui demander de mettre fin à ce crédit d'impôt, qui fausse, selon eux, le marché international de la pâte. Dans ses propositions budgétaires du 11 mai, le gouvernement américain a inclus une proposition visant à exclure la liqueur noire de l'admissibilité au crédit d'impôt, mais le Congrès doit encore l'approuver.

En raison d'une forte baisse de la demande, les ventes de papier journal ont plongé de 38,9 pour cent au premier trimestre pour atteindre 494 millions $ US. Les livraisons ont reculé encore plus, enregistrant une baisse de 44,2 pour cent.

AbitibiBowater a moins bien performé que l'ensemble de l'industrie: au premier trimestre, la demande nord-américaine de papier journal a reculé de 32,2 pour cent par rapport à la même période de l'an dernier. L'entreprise a tout de même réussi à dégager un bénéfice d'exploitation de 19 millions $ US dans ce segment, comparativement à une perte de 69 millions $ US l'an dernier.

Du côté des papiers pour usages spéciaux, les ventes ont régressé de 24,8 pour cent pour s'établir à 345 millions $ US. Le bénéfice d'exploitation s'est élevé à 40 millions $ US, comparativement à une perte de 39 millions $ l'an dernier.

Pour ce qui est des papiers couchés, les revenus ont dégringolé de 32,5 pour cent à 114 millions $ US, tandis que le bénéfice d'exploitation a reculé du même ordre, à 23 millions $ US.

Dans le segment de la pâte, le chiffre d'affaires a plongé de 39,3 pour cent à 102 millions $ US, ce qui a mené à une perte d'exploitation de 11 millions $ US, par rapport à un bénéfice d'exploitation de 31 millions $ US il y a un an. Enfin, les ventes de bois d'oeuvre ont baissé de plus de la moitié pour se chiffrer à 53 millions $ US. La perte d'exploitation a néanmoins reculé, passant de 35 millions $ US l'an dernier à 27 millions $ US.

Frais financiers en hausse

Au premier trimestre, AbitibiBowater a dépensé pas moins de 24 millions $ US en lien avec ses efforts - infructueux - de refinancement. Cet échec a forcé la société à se placer à l'abri de ses créanciers. La situation précaire d'Abitibi s'est en outre traduite par une augmentation de 63 millions $ US de ses coûts de financement, découlant notamment d'une hausse des frais d'intérêt.

AbitibiBowater a par ailleurs inscrit une charge de 30 millions $ US afin de préparer la vente à Hydro-Québec de sa participation de 60 pour cent dans la Compagnie hydroélectrique Manicouagan, pour 615 millions $.

Pendant les trois premiers mois de l'année, AbitibiBowater a réduit d'environ 120 000 tonnes sa production de papiers pour usages spéciaux et de papiers couchés, ainsi que de 79 000 tonnes métriques sa production de pâte. D'autres réductions sont envisagées pour le reste de l'année.

Au 31 mars, AbitibiBowater comptait environ 14 000 employés, dont 10 300 syndiqués. Plusieurs des conventions collectives en vigueur au Canada ont expiré à la fin avril.

Dans le cadre de sa restructuration judiciaire, l'entreprise prévoit qu'il y aura «un certain recul» dans le nombre de ses employés, a-t-elle indiqué dans le document déposé à la SEC, sans donner plus de précisions. Des milliers de travailleurs d'Abitibi ont déjà perdu leur emploi au cours des dernières années.

En raison de leur faible valeur et du processus de restructuration en cours, les actions d'AbitibiBowater ne s'échangent plus à la Bourse de Toronto depuis une semaine.

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