« Nous ne demandons pas un traitement de faveur parce que Mitel est une entreprise locale. Nous voulons simplement un processus d'appel d'offres juste et équitable. Nous maintenons que l'attribution de ce contrat comporte certains défauts. C'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui », a déclaré M. Matthews lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville hier.
Il dit avoir consulté des experts légaux, qui ont conclu que le processus entamé il y a deux ans n'était pas tout à fait équitable. Il a toutefois refusé de préciser exactement quoi, affirmant que c'est un dossier très complexe.
« Nous avons conclu qu'il y a eu certains manquements dans le processus et nous croyons qu'il y a matière à contestation. Nous ne critiquons pas les employés et les gestionnaires de la Ville, mais il y a des éléments qui étaient injustes et nous voulons concurrencer sur un même pied d'égalité. »
Mitel a participé à l'appel d'offres de ce contrat évalué à 4 à 7 millions pour un système téléphonique VoIP (téléphonie sur Internet, ou « Voice over Internet protocol). Le contrat a finalement été accordé, il y a quelques mois, à une offre conjointe de Bell et de l'américaine Cisco.
Le 1er avril dernier, Terry Matthews a écrit au maire d'Ottawa Larry O'Brien, revenant à la charge cette fois-ci avec une nouvelle offre qui comprenait 2 millions de dollars d'équipements téléphoniques gratuits, notamment le remplacement de 10 000 appareils. En échange, Mitel demandait de devenir un fournisseur exclusif de la Ville d'Ottawa pour de futurs projets
Règles non respectées
Après examen et consultations auprès d'experts, le directeur municipal de la Ville, Kent Kirkpatrick, a récemment conclu que cette nouvelle offre de Mitel contrevenait aux règles et a recommandé à la ville de ne pas l'accepter. En apprenant cette décision, Terry Matthews a aussitôt retiré son offre le 22 mai dernier.
Hier, M. Matthews a expliqué que l'offre d'équipements gratuits était une façon plus élégante ('gracious') pour Mitel d'exprimer ses préoccupations, que de transformer ce dossier en une cause potentiellement légale entre son entreprise et la Ville.
Il dit être en discussions avec la Ville et ses démarches semblent avoir porté des fruits. L'attribution du contrat, qui n'a pas encore été signé par Bell et Cisco, a été suspendue. Le comité des services organisationnels et du développement économique de la Ville devait aussi aborder de ce dossier, le 2 juin prochain, mais la discussion a été remise à plus tard.
Le chef de la direction de Mitel, Don Smith, a précisé que les préoccupations de l'entreprise ne datent pas d'hier. Le processus a débuté il y a deux ans et dès le départ, Mitel a senti qu'il y avait des choses qui clochaient, a dit M. Smith.
Mitel ne veut pas que la Ville d'Ottawa adopte une politique d'achat local, a précisé Don Smith, mais que toutes les entreprises soient traitées sur un même pied d'égalité.
Terry Matthews n'a toutefois pas manqué de souligner que Mitel est née ici à Ottawa et qu'il serait bon que la Ville soit aussi une vitrine pour les produits technologiques de la région.
Fondée il y a 35 ans, Mitel emploie environ 600 personnes à Ottawa.











