Il y a un mois, un citoyen de Cantley, qui préfère garder l'anonymat, a contacté le service à la clientèle de Bell Canada pour obtenir un nouveau téléphone mobile, le sien étant défectueux.
Le préposé lui propose alors un cellulaire usagé, mais remis à neuf. À la réception de l'appareil, celui-ci présente quelques égratignures et le manuel d'instructions a visiblement été utilisé auparavant. L'utilisateur n'en fait aucun cas et ce n'est qu'à son retour à la maison qu'il réalise que le téléphone n'a pas été remis à neuf. Loin de là.
« Lorsque je suis arrivé chez moi, j'ai commencé à explorer mon nouveau cellulaire pour en connaître les différentes fonctions. J'ai alors découvert les numéros de téléphones, des notes, des photos et différents mots de passe appartenant à l'ancien propriétaire. Je pouvais pratiquement faire un arbre généalogique de cette personne et savoir qui était en couple avec qui et à quel moment », illustre cet employé d'un corps policier d'Ottawa-Gatineau.
Ce n'est pas la première fois que ce client de Bell reçoit un téléphone mobile usagé de la compagnie. Auparavant, les appareils avaient toutefois été remis à neuf.
Cette fois-ci, plusieurs informations de l'ancien propriétaire sont disponibles sur le téléphone, dont les rendez-vous de celui-ci avec son agent de probation. Le nouvel utilisateur s'inquiète des données qu'il a lui-même laissées sur ses anciens appareils, retournés chez Bell pour être récupérés via le programme Bac Bell.
Bell comprend mal
De son côté, la direction de Bell affirme ne donner qu'à de rares occasions des téléphones mobiles usagés aux clients et s'explique mal comment un appareil contenant les informations d'une personne peut se retrouver entre les mains d'un parfait inconnu.
« Il y a peut-être quelque chose qui s'est glissé entre les mailles, mais nous ne donnons habituellement pas de téléphone usagé à nos clients. Pour ce qui est du programme de récupération, nous servons seulement d'intermédiaire entre les personnes qui donnent les cellulaires et la compagnie qui les récupèrent. Lorsque la compagnie prend les cellulaires, nous ne sommes plus détenteurs de ceux-ci », précise Jacques Bouchard, responsable des relations médias chez Bell.
Pas une première
Des situations semblables n'ont rien d'étonnant pour le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.
Depuis quelques années, plusieurs plaintes concernant des renseignements personnels ayant été laissés sur des cellulaires ou des ordinateurs portables usagés ont été acheminées au bureau d'Ottawa.
« Les compagnies de téléphonie sont assujetties à la Loi sur la protection des renseignements personnels et pour la présente situation, je pense que la compagnie a une responsabilité, mais il m'est difficile pour le moment de dire à quel niveau », indique Anne-Marie Hayden, responsable des relations médias au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.
Selon Mme Hayden, les personnes concernées par un tel problème devraient communiquer avec la compagnie et si elles ne sont pas satisfaites, porter plainte auprès du Commissariat.











