La contrebande de cigarettes nuit aux dépanneurs de quartier

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La contrebande de cigarettes nuit aux dépanneurs de quartier

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Martin Roy, LeDroit

Jean-François Plante
Le Droit

En Outaouais, comme partout ailleurs au Québec et en Ontario, les petits dépanneurs de quartier souffrent de la popularité croissante de la contrebande de cigarettes.

« À chaque jour au Québec, un dépanneur ferme boutique et le rythme s'accélère », a souligné Michel Gadbois, vice-président de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA) lors d'un point de presse devant un dépanneur Quickie à Gatineau, hier matin.

Selon les données de l'ACDA, le Québec comptait 7200 dépanneurs en 2003. Aujourd'hui, ce chiffre est tombé sous la barre de 6000. « Les ventes de cigarettes représentent 32 % des ventes des dépanneurs. Ces ventes engrangent des profits de l'ordre de 2 %. Pour un dépanneur, cela peut faire la différence entre finir l'année ou fermer ses portes. Je dirais même que la chute des ventes des cigarettes est responsable de la fermeture de 85 % à 90 % des dépanneurs. En achetant des cigarettes, les gens en profitent souvent pour se procurer un journal ou d'autres choses, mais aujourd'hui, ils vont s'approvisionner ailleurs », explique M. Gadbois.

Selon lui, les dépanneurs qui vendent des cigarettes légales à 9,50 $ le paquet ne peuvent tout simplement concurrencer les contrebandiers qui arrivent à vendre le paquet de 20 cigarettes à 1 $.

L'heure d'un « traitement choc »

En 2008, une recherche indépendante effectuée par Gfk Research Dynamics a démontré que le pourcentage du volume d'achats de cigarettes illégales était passé à 48,6 % en Ontario et à 40,1 % au Québec. C'est plus du double qu'en 2006 dans les deux cas. Pour Michel Gadbois, c'est l'heure d'un « traitement choc » et il faut sabrer les taxes sur le tabac.

« Le ministre du Revenu du Québec, Robert Dutil, a soutenu le mois dernier ne pas envisager la baisse des taxes sur le tabac pour éviter d'encourager les gens à fumer. Or, selon un nouveau sondage ACDA/Léger Marketing, on apprend que 70 % des fumeurs seraient prêts à délaisser les cigarettes de contrebande, si le prix du paquet était ramené à 5,80 $ ou 38 $ à 40 $ la cartouche, même si cela représente plus du double du prix des cigarettes illégales. »

Michel Gadbois pense que la baisse des prix des produits du tabac viendrait tuer le marché de la contrebande, puisque le volume ne suffirait plus. « Nous avons demandé aux Québécois [...] de nous dire franchement si les taxes excessives imposées depuis 2001 ont aidé en quoi que ce soit à réduire leur tabagisme. Leur réponse est un 'non' catégorique. Seulement 6 % des fumeurs ont cessé de fumer à cause de la hausse des taxes, alors que 0 % des ex-fumeurs ont indiqué qu'ils recommenceraient à fumer si les taxes étaient réduites. »

L'ACDA est actuellement au beau milieu d'une tournée de 25 villes du Québec pour sensibiliser les politiciens et les citoyens à comprendre les causes réelles de la contrebande, qui a profité de la hausse des taxes.

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