Attribution d'un contrat de 7 millions $ à Bell et Cisco

Ottawa ferme la porte à Mitel

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Ottawa ferme la porte à Mitel

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Don Smith, chef de la direction de Mitel.

Patrick Woodbury, LeDroit

Patrice Gaudreault
Le Droit

Mitel Netwoks a échoué, hier, dans sa tentative de faire annuler le processus d'appel d'offres ayant mené à l'attribution par la Ville d'Ottawa d'un contrat de 7 millions $ à ses concurrents Bell Canada et Cisco Systems.

« Je suis déçu. Nous avons présenté des faits, pas des émotions », a déclaré le chef de la direction de Mitel, Don Smith, à la sortie de l'hôtel de ville.

La Ville d'Ottawa pourrait se retrouver avec une nouvelle poursuite sur les bras, la direction de Mitel ayant maintes fois évoqué la possibilité d'entamer des recours légaux. « Nous avons l'intention de garder nos options ouvertes », a indiqué M. Smith.

Le comité des services organisationnels et du développement économique d'Ottawa a passé près de 7 h, hier, à entendre les doléances de Mitel et de hauts fonctionnaires municipaux. Au coeur du litige : le processus d'attribution d'un contrat de 6 à 7 millions $ pour équiper la municipalité d'un nouveau réseau téléphonique. L'appel d'offres extrêmement complexe, lancé il y a deux ans, prévoit la mise sur pied d'un système téléphonique de type VoIP (Voice over Internet protocol) au sein de 250 édifices municipaux.

En mars dernier, l'appel d'offres a été remporté par une proposition conjointe de Bell Canada et de Cisco Systems, qui n'ont cependant pas encore apposé leur griffe au bas du contrat.

Offre non conforme

Après avoir appris qu'elle n'était pas dans les plans de la capitale, Mitel Netwoks avait immédiatement sorti un as de sa manche en offrant 2 millions $ d'équipement téléphonique gratuit, en échange de quoi l'entreprise demandait de devenir un fournisseur exclusif. Jugée non conforme, l'offre a finalement été retirée.

Depuis, Mitel martèle qu'un processus « injuste » ouvre grande la porte à une poursuite contre Ottawa. Hier encore, le chef de la direction de Mitel a plaidé que son concurrent, à savoir Cisco, misait sur « de l'information privilégiée ». Selon lui, la Ville a omis d'informer les soumissionnaires des modernisations qui seraient apportées au réseau par Cisco, qui avait déjà un premier contrat en poche.

« C'est comme si vous sollicitiez des offres pour un système d'aqueduc, alors qu'un seul des soumissionnaires sait que la conduite principale de six pouces est passée à 12 pouces, parce qu'il a été engagé pour faire le travail », a illustré M. Smith.

Les employés municipaux ont indiqué que ces précisions avaient été omises dans les documents d'appel d'offres, afin de ne pas avantager un soumissionnaire. « Ce sont de grands garçons. S'ils avaient besoin de ces informations, ils n'avaient qu'à les demander », a déclaré le commissaire à l'équité, Peter Woods.

Une première motion prévoyant l'annulation de l'appel d'offres, présentée par le conseiller Rick Chiarelli, a été défaite par six conseillers contre trois. Une seconde, avancée par la conseillère Marianne Wilkinson, qui aurait eu pour effet de réduire la durée du contrat de Bell et Cisco de six à deux ans, a connu le même sort.

Adoptée malgré une dissension (Wilkinson), la recommandation finale du comité, soit de confirmer l'attribution du contrat à Bell et Cisco, sera soumise aujourd'hui pour approbation lors de la réunion du conseil municipal.

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