À l'instar de bien d'autres producteurs de la région, M. Chartrand a été éprouvé par le mauvais temps depuis le début de l'été. La pluie a affecté la qualité du fourrage, tandis que les grandes cultures, notamment le maïs et le soya, ont souffert du manque de chaleur. Jusqu'ici, il semble que seules les patates aient survécu sans problème aux caprices de Dame Nature !
Hier, M. Chartrand profitait de la belle météo pour couper le foin destiné à nourrir sa centaine de bêtes, dont 45 vaches laitières. Plus souvent qu'autrement au cours des dernières semaines de pluie, la fauche du foin a été interrompue en raison de la pluie ou des menaces de précipitations. Au 6 juillet, moins de 40 % des récoltes avaient été achevées sur les fermes de l'Outaouais.
« Quand on ne peut pas ramasser le foin, il mûrit et il contient moins de protéines, raconte M. Chartrand. Comme mes vaches ont besoin d'une certaine quantité de protéines pour produire, cela signifie que je dois acheter des suppléments protéinés pour les nourrir. »
Sur ses 180 acres de terrains, M. Chartrand cultive aussi du maïs, une plante qui a besoin de beaucoup de chaleur pour croître. Là encore, la météo n'a pas été très favorable à la croissance de cette plante très en demande sur les marchés mondiaux, notamment pour la production de biocarburant.
« La croissance du maïs est en retard de deux semaines. Il nous faudra un bel automne pour le récupérer. Heureusement, les petites céréales (comme l'orge) sont moins abîmées que le fourrage. »
Deux ans de suite
L'Outaouais rural, comme le reste du Québec d'ailleurs, vient de traverser deux années difficiles au chapitre des récoltes.
En 2007 et 2008, le montant des indemnités d'assurance-récolte versées aux producteurs de l'Outaouais a été cinq fois supérieur aux cotisations annuelles des assurés. L'an dernier, sur les 2,5 millions $ versés en indemnités, 2,3 millions visaient à compenser les pertes dans la récolte du foin.
Au bureau régional de la Financière Agricole, qui assure les récoltes de 500 producteurs de l'Outaouais, on y va de prédictions encore très prudentes.
Nous n'en sommes qu'à mi-saison, fait valoir le directeur régional Daniel Berthiaume. Une météo plus clémente d'ici l'automne peut encore sauver les cultures en retard.
« Pour le moment, il est difficile de prévoir s'il faudra verser des indemnités cette année. Les rendements prévus pour les céréales, le maïs et les protéagineuses s'annoncent inférieures aux moyennes. Une belle fin de saison sauverait les récoltes. »
Et les patates ?
« Quant aux pommes de terre, on prévoit des rendements autour des moyennes ou mêmes supérieurs. Les pommes de terre sont cultivées sur des sols légers et sableux, des terres qui doivent être bien irriguées, si bien que la saison se déroule bien malgré la pluie. » Huit producteurs de pommes de terre sont assurés par la Financière agricole en Outaouais.













