Flaherty n'est pas aussi optimiste que la Banque du Canada sur l'économie

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Flaherty n\'est pas aussi optimiste que la Banque du Canada sur l\'économie

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Le ministre des finances Jim Flaherty

Photo: Reuters

 

Karine Fortin
La Presse Canadienne

Le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty estime que la récession est loin d'être terminée en dépit de signes encourageants pour l'économie et malgré le fait que la Banque du Canada a déclaré la semaine dernière que le produit intérieur brut avait vraisemblablement recommencé à croître.

A l'entrée d'une réunion de son parti, le ministre a reconnu que les choses semblaient s'être «stabilisées». Il a toutefois précisé qu'il valait mieux éviter le triomphalisme. «On constate le début d'une reprise, mais je n'irais pas plus loin que ça», a-t-il confié.

A son avis, il y aura fort à faire pour éviter que l'économie canadienne trébuche à nouveau au cours des prochains mois. Selon lui, le plan de relance dévoilé en janvier dernier demeure pertinent. «Nous devons continuer à stimuler l'économie pour éviter un autre ralentissement», a-t-il insisté.

Le ministre a notamment prévenu que la cohorte de chômeurs, déjà importante, continuerait fort probablement à grossir.

D'après Statistique Canada, quelque 778 700 personnes recevaient des prestations d'assurance-emploi en mai, en hausse de 9,2 pour cent par rapport au mois précédent.

C'est le nombre le plus élevé enregistré depuis 1997, et il y a fort à parier que les chercheurs d'emplois sont encore plus nombreux, puisque tous les travailleurs licenciés n'ont pas droit à un chèque du gouvernement.

L'assurance-emploi fait d'ailleurs l'objet de discussions en coulisses entre les conservateurs et le Parti libéral, qui forme l'opposition officielle.

Cette formation menace de renverser le gouvernement Harper dès l'automne si le régime de prestations n'est pas bonifié. Les libéraux veulent notamment qu'on trouve le moyen d'élargir le régime aux travailleurs autonomes.

Ils souhaitent aussi l'instauration d'un seuil d'admissibilité uniforme de 360 heures, pour les travailleurs de toutes les régions du pays. Actuellement, le nombre d'heures requis pour avoir droit à des prestations varie entre 420 et 700 heures.  Jusqu'à maintenant, les conservateurs ont toujours rejeté cette idée du revers de la main, parce qu'ils la jugent trop coûteuse.

Un comité bipartite formé de trois conservateurs et de trois libéraux a néanmoins commencé à se pencher sur la question la semaine dernière. Rien n'a filtré de leurs travaux, qui ont lieu derrière des portes closes.

Mardi, le leader parlementaire des libéraux, Ralph Goodale, - qui a été ministre des Finances sous Paul Martin -  a reproché aux conservateurs d'être «déconnectés» des Canadiens ordinaires.

«On voit que c'est un gouvernement qui n'a pas de stratégie d'innovation, qui semble sauter d'une crise à l'autre, sans plan cohérent. Rien du tout n'a été présenté pour faire certain que, quand on sort de cette récession profonde, le Canada est plus fort, plus prêt à faire compétition avec le monde», a renchéri son collègue David McGuinty.

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