Le ciel n'est pas aussi clément à l'échelle du pays, où 778 700 personnes ont reçu des prestations ordinaires d'assurance-emploi en mai, un sommet depuis 1997, soit la première année pour laquelle il existe des données comparables. Il s'agit d'une hausse de 65 600 prestataires ou 9,2 % par rapport au mois précédent.
Entre avril et mai, l'Alberta (+16,8 %) et l'Ontario (+16 %) sont les provinces les plus touchées, alors que le Québec (+2,6 %) s'en tire relativement bien.
Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a commenté ces données avec prudence, hier, refusant d'affirmer que la récession est dernière nous, comme l'a suggéré la Banque du Canada la semaine dernière. « On savait qu'on atteindrait des niveaux importants de chômage, dit-il. Ces chiffres remontent à mai. Des signes positifs laissent croire que l'économie s'est stabilisée et que nous sommes au début d'une reprise. »
Une année difficile
Sur une base annuelle, soit de mai 2008 à mai dernier, le nombre de personnes ayant bénéficié de l'assurance-emploi a crû de 66 % d'un océan à l'autre. Toutes les grandes régions du pays - sans exception - ont enregistré une hausse marquée pendant cette période. Et à ce chapitre, le Québec (+34 %) a fait meilleure figure que l'Ontario (+101 %) et l'Alberta (236 %).
Entre mai 2008 et mai 2009, des villes comme Calgary (+340 %), Edmonton (+277 %), Windsor (+215 %) et Toronto (108 %) ont été frappées de plein fouet.
Plus sévèrement touchée que sa voisine québécoise, la ville d'Ottawa affiche pour sa part une hausse de 65,6 % du nombre de prestataires, passé de 4130 à 6840 en l'espace d'un an. La Ville de Gatineau s'en tire un peu mieux pendant la même période, le nombre de bénéficiaires ayant passé de 2010 à 3090, un bond de 53,7 %.
« La triste réalité, c'est que ces chiffres ne montrent qu'une infime partie des difficultés que doivent surmonter de nombreux Canadiens. Pour chaque personne qui reçoit de l'assurance-emploi, il y en a une autre qui perd son emploi et qui n'y a pas droit », a dénoncé le député libéral Ralph Goodale.
Depuis le début du repli de l'emploi, l'automne dernier, ce sont les jeunes de moins de 25 ans qui ont subi les pertes d'emplois les plus importantes en pourcentage. Selon Statistique Canada, les hommes ont été plus durement touchés que les femmes par la détérioration du marché du travail.
Les statistiques sur les demandes d'assurance-emploi, qui fournissent une indication des futurs prestataires, continuent d'être alarmantes. Après deux mois de faibles baisses, le nombre de demandes reçues a augmenté de 5,2 % en mai, un nouveau sommet.











