Il s'agit d'un manque à gagner qui dépasse de 749 millions $ les prévisions établies par le ministère des Finances, lors de la présentation du dernier budget, en mars.
D'ici 2013, les Québécois devraient avoir accumulé au total 13,2 milliards $ de déficits annuels successifs, avant d'espérer un éventuel retour à l'équilibre budgétaire.
En mars, pourtant, le gouvernement croyait pouvoir s'en tirer avec un déficit de 3,9 milliards $ pour l'année 2009-2010 et un total de 11,6 milliards $ de déficits en 2013.
Le point sur l'état des finances publiques a été fait mardi matin, en conférence de presse, par le ministre des Finances, Raymond Bachand, à l'occasion de sa traditionnelle mise à jour économique et financière, qui survient environ six mois après le dépôt du dernier budget.
D'ici 2013, pour espérer rêver d'équilibre budgétaire, Québec devra trouver 5,1 milliards $ de nouvelles sources de revenus, a calculé le ministre Bachand. C'est donc 1,3 milliard $ de plus que ce qui avait été prévu il y a sept mois.
Dans ce contexte, les contribuables québécois doivent s'attendre à ce que le gouvernement vienne chercher une bonne partie de la somme dans leurs poches, à travers des hausses de taxes et de tarifs, dès 2010.
Le ministre Bachand a soutenu qu'en mars prochain, lors de son prochain budget, déjà, «on aura identifié un bloc important de mesures», de l'ordre de 450 millions $.
Une consultation sera menée d'ici là.
Mais tout en haussant ses revenus, par un fardeau fiscal plus important imposé aux contribuables, Québec calcule qu'il ne sera pas possible de boucler son budget sans un contrôle plus serré de ses dépenses.
Québec s'autorise un maximum de 3,2 pour cent d'augmentation de ses dépenses cette année, un objectif ambitieux quand on se rappelle que de 2003 à 2009, ses dépenses ont fait un bond, en moyenne, de 4,9 pour cent par an. L'an dernier, l'augmentation a atteint 6,8 pour cent.
Les administrateurs de l'Etat doivent s'attendre à se serrer la ceinture. «L'effort» additionnel de compressions demandé par Québec à la machine gouvernementale devrait atteindre 3,9 milliards $ en 2013, dont 869 millions $ l'an prochain.
La présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, devrait faire le point prochainement pour dire à quel endroit le gouvernement trouvera du gras à couper.
Le nouveau portrait de la situation financière du Québec a provoqué des réactions plutôt mesurées des partis d'opposition.
Selon le porte-parole en finances de l'opposition officielle, Nicolas Marceau, les prévisions du gouvernement sont «trop optimistes».
Le nouveau député de Rousseau est d'avis qu'à la fin de l'année le déficit dépassera les 4,7 milliards $ anticipés par Québec.
Il aurait de plus apprécié que le ministre Bachand fasse aussi le point sur les emprunts du gouvernement et l'ampleur de la dette, qui croît à un rythme rapide.
Du côté de l'Action démocratique, on déplore que le gouvernement n'ait pas accompagné son énoncé d'un plan de retour à l'équilibre budgétaire et d'un plan concret de contrôle des dépenses.
Le député adéquiste de Shefford, François Bonnardel, dénonce le «gaspillage éhonté» du gouvernement et lui demande d'avoir «le courage» de se serrer la ceinture.
Quant à lui, le porte-parole de Québec solidaire, le député Amir Khadir, a félicité le ministre Bachand de prévoir un retour progressif, étalé «sur plusieurs années», à l'équilibre budgétaire.
Il a dit apprécié qu'il ne «cède pas à la panique» et à l'«obsession du déficit zéro».
Toute chose étant relative, le ministre Bachand a tenu à noter que le déficit de l'Ontario devrait atteindre cette année 24,7 milliards $, et celui du gouvernement fédéral, 56 milliards $.
En parallèle, pour mieux soutenir l'économie, M. Bachand a annoncé qu'il bonifiait de 800 millions $ le programme Renfort, destiné à fournir plus de liquidités et accroître la capitalisation des entreprises.
Preuve concrète du ralentissement économique, Québec s'attend à ce que le produit intérieur brut (PIB) réel recule de 1,5 pour cent en 2009.










