« Présentement la loi ne nous permet pas d'être considérés comme des créanciers privilégiés. On passe après tout le monde. Même le gars qui a vendu un voyage de sable passe avant nous. C'est aussi pire que ça », affirme Paul Desrosiers, un ancien employé cadre à la retraite.
En juin dernier, Papiers Fraser s'est placée sous protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. La compagnie doit 171 millions $ à ses régimes de retraite, ce qui représente un déficit de près de 40 %.
Ils sont plus de 1000 retraités syndiqués et cadres qui pourraient être touchés par cette mesure. Quelque 200 d'entre eux ont travaillé en Outaouais, que ce soit à l'usine de pâtes kraft de Thurso, pour Foresterie Noranda ou même Maclaren, avant que Papiers Fraser n'acquière l'entreprise.
« Ce sont les plus récentes victimes des employeurs qui se cachent derrière la législation sur la faillite et prennent l'argent des retraités pour rembourser les investisseurs. C'est une nouvelle dévastatrice pour ces gens dont plusieurs risquent d'être confrontés à la pauvreté », soutient Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP).
La multinationale défendra sa requête devant les tribunaux le 2 décembre, à Toronto. Le SCEP de même que la firme d'avocats Davies, mandatée par les retraités, multiplient les démarches légales et politiques pour défendre les intérêts des anciens employés.
Des fiducies de retraite ?
Pour éviter que les grosses compagnies réduisent leur dette sur le dos des travailleurs, le SCEP propose la création d'une fiducie de retraite qui permettrait de maintenir les prestations. Ainsi, les régimes de retraite ne seraient pas liquidés mais continueraient d'opérer. Cette initiative nécessite cependant l'appui du gouvernement et une autorisation réglementaire, mais aucune injection d'argent de la part des paliers gouvernementaux. C'est pourquoi les retraités sont invités à contacter leurs députés fédéral et provincial pour qu'ils interviennent rapidement dans le dossier.
« Notre syndicat a travaillé avec des actuaires et des experts des régimes de retraite pour élaborer cette solution qui offre la garantie d'un revenu stable de retraite et donne aux gouvernements l'occasion de résoudre à faible coût un problème économique et social en croissance », souligne M. Ménard.
En plus de l'usine de pâtes kraft de Thurso, Papiers Fraser possède des installations à Thorold, en Ontario, de même qu'à Edmundston et Atholville, au Nouveau-Brunswick.
D'ailleurs, le président du SCEP, doit rencontrer aujourd'hui des représentants du gouvernement du Nouveau-Brunswick pour discuter de la création d'une fiducie de retraite.
Le SCEP travaille également à création d'une fiducie pour les retraités d'Abitibi-Bowater qui sont confrontés au même sort que ceux de Papiers Fraser.











