Plusieurs projets sont en chantier alors qu'une pénurie de main-d'oeuvre se pointe à l'horizon

Y aura-t-il assez de travailleurs ?

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Les projets d'infrastructure, jumelés aux nombreuses retraites à venir, expliquent principalement ces besoins de main-d'oeuvre dans le domaine de la construction.

Archives, LeDroit

Louis Lafortune
Le Droit

Rapibus, Centre des congrès, aréna Robert-Guertin et autre train léger. C'est bien beau tous ces projets d'infrastructure, mais encore faut-il qu'il y ait des travailleurs pour creuser, couler le béton, monter les structures d'acier et asphalter les routes.

Il s'agit là de tout un paradoxe en temps de ralentissement économique : des pertes d'emplois dans plusieurs secteurs pendant qu'on ne cesse de nous dire qu'il y a pénurie à l'horizon dans certains domaines, surtout dans les métiers de la construction.

Selon le Conseil sectoriel de la construction (CSC), un organisme syndical-patronal fondé en 2001 et financé par l'industrie et le gouvernement, le milieu de la construction aura besoin de 317 000 travailleurs qualifiés d'ici 2017, un nombre record.

Les projets d'infrastructure, jumelés aux nombreuses retraites à venir, expliquent principalement ces besoins de main-d'oeuvre.

Le CSC, dont le mandat est d'assurer la relève dans les métiers, rappelle que ce secteur emploie 1,6 million de personnes au Canada, ce qui représente 30 milliards $ en salaires. « Nous savons qu'il y a, dans tout le Canada, des projets de construction qui sont prêts à être amorcés, a déclaré George Gritiziotis, directeur général du CSC. L'industrie de la construction pourrait jouer un rôle important afin de créer une économie plus forte, selon l'exécution de projets financés par le gouvernement et le moment où ceux-ci seront mis en branle. »

7000 postes dans l'Est ontarien

Selon d'autres estimations, dont celle de la Chambre de commerce de l'Ontario, la province aura besoin d'environ 70 000 travailleurs entre 2006 et 2014, dont 48 000 pour remplacer les gens à la retraite et 22 000 pour combler les besoins grandissants de la construction.

Uniquement pour la grande région de l'Est ontarien, on estime que 7000 postes seront vacants dans les années à venir.

Du côté de l'Outaouais, la Commission de la construction du Québec (CCQ) prévoit que les besoins de main-d'oeuvre dans la région s'avéreront « plutôt élevés pour la majorité des métiers » de 2009 à 2012.

Les principaux facteurs qui expliquent cela sont la faible disponibilité des travailleurs, le roulement élevé de la main-d'oeuvre et les nombreux départs à la retraite qui se pointent à l'horizon, résume la CCQ dans ses Perspectives 2009-2012 des métiers et occupations de la construction publiées en août dernier.

En Outaouais

La CCQ dénombrait 7166 salariés dans la construction en Outaouais, en 2007, un record depuis que les données régionales ont commencé à être compilées en 1971. « Au cours de la période 2009 à 2012, on évalue le besoin d'environ 800 nouveaux travailleurs par année », peut-on lire dans les perspectives de la CCQ.

Du côté de l'Association de la construction (ACQ) en Outaouais, la directrice générale, Hélène Groulx, affirme qu'il y a actuellement pénurie dans plusieurs métiers tels charpentier-menuisier, briqueteur-maçon et couvreurs en toiture.

« Il y a pénurie, particulièrement dans une région frontalière comme la nôtre face à Ottawa, qui est un bon employeur. Il faut se battre constamment pour garder notre main-d'oeuvre », dit-elle.

Nouveaux centres des métiers

Des deux côtés de la rivière des Outouais, des efforts sont toutefois en cours pour palier à cette pénurie.

Au Collège Algonquin d'Ottawa, le gouvernement de l'Ontario a annoncé 35 millions $, en juin dernier, pour la construction d'un Centre de formation des métiers de la construction. La première pelletée de terre a suivi, début octobre, pour ce projet totalisant 69 millions $. Situé sur l'avenue Woodroffe, l'édifice de 142 000 pieds carrés accueillera 600 étudiants supplémentaires à la rentrée de 2011.

Du côté francophone, La Cité collégiale n'est pas en reste. Elle a aussi procédé, en juin dernier, à la première pelletée de terre de son centre de formation des métiers de la construction qui pourra accueillir jusqu'à 750 étudiants d'ici 2012. Connu sous le nom de Centre des métiers Minto sur le Campus Alphonse-Desjardins, le bâtiment sera érigé à l'angle du chemin Trim et de la route 174, sur un vaste terrain de 15 acres donné par la Ville d'Ottawa, une valeur d'environ 1,8 million $. Le centre accueillera ses premiers étudiants dès septembre 2010.

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