Et pendant que le ministre des Finances fédéral et ses homologues provinciaux sont réunis à Whitehorse pour discuter des régimes de retraite, un syndicat national qui représente les retraités inquiets de la forêt dit avoir une solution pour mieux protéger le bas de laine des travailleurs d'usines comme AbitibiBowater, à Gatineau, et Papiers Fraser, à Thurso.
« Même si le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, dit que tout est beau, il y a des milliers de retraités qui sont très nerveux. Il faut trouver une meilleure protection pour les pensions », affirme Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier. Depuis quelques mois, le SCEP, qui compte 150 000 membres à travers le pays, multiplie les rencontres avec ses membres, mais aussi avec les politiciens, pour demander la création d'un Fonds national d'investissement et de rentes (FNIR). Ce fonds géré par le secteur public permettrait, selon le SCEP, de mieux protéger les pensions en cas de faillite d'une entreprise. L'argent des régimes menacés continuerait ainsi d'être géré.
Au moment où l'usine de Papiers Fraser, à Thurso, se place sous la protection des tribunaux pour éviter la faillite, et qu'AbitibiBowater, avec son usine de Gatineau, fait la même chose en espérant restructurer l'entreprise, Gaétan Ménard estime qu'il est plus urgent que jamais de créer un tel fonds.
« C'est ce que l'on vit avec AbitibiBowater, où il manque 1,3 milliard $ dans la caisse. Ça représente une diminution des rentes de 25 % pour les travailleurs. C'est dramatique pour beaucoup de gens. À Gatineau, on a eu plus de 350 retraités d'AbitibiBowater qui ont participé à une récente rencontre. »
Les actifs qui restent dans les régimes d'AbitibiBowater valent actuellement environ 4 milliards $, explique Gaétan Ménard. S'il y a faillite, ces actifs pourraient être transférés dans un fonds ou une caisse nationale, où ils seraient protégés et pourraient continuer à fructifier. « Plutôt que d'arrêter le temps, gérons cette caisse. »
Le SCEP a déjà proposé l'idée au ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui a dit qu'il examinerait la proposition. Le syndicat dit avoir l'appui du Bloc québécois, du Nouveau parti démocratique. Le SCEP a aussi une oreille plus attentive du gouvernement québécois et souhaite que l'influence de cette province fasse avancer le dossier.
« Moins sexy que l'auto »
M. Ménard estime que le SCEP compte environ 1000 membres en Outaouais, contre plus de 5000 à une certaine époque.
Gaétan Ménard revient à la charge et rappelle que pendant que l'industrie de l'automobile, surtout concentrée en Ontario, a reçu environ 4 milliards $, l'industrie forestière n'a pratiquement rien reçu. « On est moins sexy je dirais que l'automobile. »
Quand les conservateurs répètent qu'Ottawa a accordé à l'industrie forestière québécoise une aide de 9 milliards $, Gaétan Ménard précise que ce montant provient d'Exportation développement Canada (EDC), et qu'il s'agit en réalité de programmes de garanties et des assurances sur les transactions dans l'industrie forestière.
« Ce n'est pas une injection d'argent directe. Si on avait eu 9 milliards $ directs pour l'industrie forestière, c'est clair que l'industrie n'aurait pas le même visage qu'elle a aujourd'hui. »
Par contre, le SCEP reconnaît que le gouvernement du Québec en fait plus pour aider l'industrie forestière et M. Ménard donne l'exemple des prêts garantis de 100 millions $ accordés à AbitibiBowater pendant que l'entreprise procède à une restructuration.











