L'administration du bingo explique sa faillite par une baisse de sa clientèle, notamment depuis l'entrée en vigueur de la Loi anti-tabac en 2006. Mais elle accuse surtout la Régie des alcools, des courses, et des jeux (RACJQ) de vouloir étrangler les salles de bingo communautaires avec une réglementation trop stricte.
« Au lieu d'imposer des lois ridicules année après année, la Régie aurait dû informer la population de son intention réelle. Loto-Québec veut le monopole et il est en train de l'obtenir. C'est une mine d'or pour le gouvernement », a déploré Ginette Raymond, l'ex-présidente du conseil d'administration du bingo de Hull, par le biais d'un communiqué.
Des anciens employés du bingo ont confié au Droit, sous le couvert de l'anonymat, que l'achalandage diminuait continuellement dans les mois qui ont précédé sa fermeture. « Depuis six mois les assistances diminuaient terriblement, mais personne ne semblait rien voir ou ne voulait rien voir », a déclaré l'un d'eux.
Le Centre du bingo de Hull était situé au sous-sol de l'ancienne église Saint-Raymond-de-Pennafort, qui a également fermé ses portes le mois dernier. L'église a été vendue à un groupe de gens d'affaires qui souhaitent la transformer en gymnase d'escalade. La vente de l'église n'aurait cependant rien à voir avec la faillite du bingo.
Chèque sans provision
La fermeture du bingo de Hull n'annonce rien de bon pour Annic Plouffe, la gérante d'une équipe de hockey mineur Midget BB de Gatineau. Au cours des trois derniers mois, elle dit avoir tenté à deux occasions d'encaisser un chèque 1836 $ que lui avait émis le bingo à la suite d'une activité de financement conjointe.
« Le premier chèque était sans provision. J'ai donc immédiatement communiqué avec l'organisation du bingo de Hull. On m'a émis un second chèque. Avant de le déposer, j'ai fait vérifier par l'institution financière si les fonds étaient bien disponibles. Ce chèque-là, aussi, était sans provision », a raconté Mme Plouffe au Droit.
Avec un trou de 1836 $ dans son budget, Mme Plouffe dit s'être retrouvée dans l'embarras lorsque son équipe de hockey a dû assumer certains coûts d'équipements et de tournois. Elle se retrouve sur une liste de créanciers, au même titre que les anciens employés du bingo qui disent ne jamais avoir reçu leur dernière paie.
« J'ai l'impression que ça va prendre du temps avant que je voie la couleur de cet argent », de conclure Mme Plouffe.











