Le ministre Flaherty, qui a rencontré 15 économistes du secteur privé en matinée mardi afin de prévoir son prochain budget, a revu à la hausse ses prévisions quant à la croissance du PIB cette année, les hissant à 2,6 pour cent, contre un niveau de 2,3 pour cent anticipé en septembre.
Mais malgré ces nouvelles encourageantes, il faudra patienter encore quelques temps avant de crier victoire, selon le ministre et les économistes venus commenter leur rencontre, en point de presse mardi midi.
«La première chose à faire, c'est de s'assurer que l'économie se redresse, c'est absolument impératif», a souligné le ministre.
Car la récession a été plus prononcée que ce qui avait été prévu dans le dernier budget, et le pays accuse un taux de chômage plus élevé qu'anticipé en janvier dernier.
Le ministre des Finances prévoit désormais qu'il se situera à 8,5 pour cent cette année, soit un point de pourcentage de plus que ce qui avait été envisagé dans le budget de janvier 2009.
Le Plan d'action économique du gouvernement conservateur, qui a mis de côté 46 milliards $ sur deux ans pour insuffler un peu de vie à une économie en difficulté, sera mené à terme d'ici le 1er avril 2011, a expliqué M. Flaherty. Mais pas question pour le fédéral de se lancer dans une deuxième initiative de relance.
«C'était un plan de deux ans depuis le début», a répliqué le ministre.
«Les Canadiens peuvent être fiers de la performance relativement «forte' de l'économie canadienne», a-t-il fait valoir, en avançant que le taux de chômage dépassait tout de même celui des Etats-Unis de 1,5 point de pourcentage.
Le prochain budget fédéral, qui sera présenté le 4 mars, offrira une ébauche de retour à l'équilibre budgétaire, mais aucune mesure ne sera mise en oeuvre avant de voir une reprise soutenue. Et il faudra attendre début mars pour en connaître les modalités, a précisé le ministre Flaherty.
Le gouvernement conservateur de Stephen Harper devrait accuser un déficit record, cette année, de 56 milliards $.
Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, a estimé que le déficit oscillerait toujours autour des 20 millions $ en 2013-2014, à moins qu'Ottawa ne prenne des mesures draconiennes, comme hausser les impôts.
Or, le ministre Flaherty a déjà fait savoir qu'il n'augmenterait pas les impôts, qu'il ne toucherait pas aux transferts aux provinces et qu'il ne réduirait pas les programmes fédéraux.
De l'avis du ministre ainsi que de celui des économistes consultés mardi, il serait toutefois prématuré de parler de lutte au déficit dès maintenant, car la reprise économique est trop jeune.
Le retour à l'équilibre budgétaire pourrait néanmoins se faire d'ici cinq à huit ans, selon les économistes interrogés aux bureaux du ministre Flaherty.
«La question c'est de savoir si (la lutte au déficit) devrait être notre principal objectif ou non de la politique budgétaire. Et à ce moment-ci, je crois que c'est un peu prématuré de se concentrer entièrement sur la restriction et l'élimination du déficit», a argué l'économiste à la Banque de Montréal, Doug Porter.
Car l'économie mondiale demeure chancelante, ont expliqué les spécialistes.
«Même si la réduction du déficit sera importante, il est trop tôt pour l'entreprendre», a pour sa part affirmé l'économiste en chef de la CIBC, Avery Shenfeld.
«Il est trop tôt pour appliquer un gros programme de restrictions, mais les nouvelles dépenses, de surcroît, devraient être faites à l'intérieur des plans de dépenses déjà existants», a-t-il conseillé.











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