L'industrie québécoise du bois veut expédier 2000 maisons en Haïti

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Guy Chevrette... (Archives, La Presse)

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Guy Chevrette

Archives, La Presse

 

Martin Ouellet
Le Droit

L'industrie québécoise du bois souhaite contribuer aux efforts de reconstruction d'Haïti en expédiant au moins 2000 maisons dans le pays dévasté.

Les industriels s'engagent à offrir gratuitement les matériaux - pour une valeur minimale de 2 millions $ - de même que le soutien technique et professionnel.

Mais le projet, aussi généreux soit-il, comporte des coûts qui devront être assumés par les gouvernements.

L'industrie forestière demande à Québec et à Ottawa d'assurer la gestion de l'initiative tout comme les frais de transport et de montage des maisons en usine. Au total, la facture pourrait avoisiner les 12 millions $.

Il s'agit d'une opération strictement humanitaire, sans visée commerciale ou pécuniaire pour les entreprises du bois, a insisté jeudi le président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière, Guy Chevrette.

«Nous n'avons aucun intérêt, aucun marché possible là-bas», a fait valoir M. Chevrette, en conférence de presse à Québec.

«Après la catastrophe, des compagnies ont envoyé des chèques de 20 000 $ ou de 10 000 $. On s'est dit: pourquoi ne pas transformer ça en un projet qui serait porteur d'avenir?», a-t-il précisé.

Les gouvernements du Québec et fédéral ont été avisés de la nature du projet, savent qu'il y a un coût qui y est rattaché, et ont exprimé leur enthousiasme, a soutenu le représentant de l'industrie forestière au Québec.

«Nous avons reçu un accueil extrêmement favorable», a-t-il relaté.

L'industrie espère que les deux instances de gouvernement feront connaître leurs intentions avant la conférence internationale sur l'aide à Haïti qui aura lieu en mars au siège des Nations unies à New York.

Si tout se déroule comme prévu, les habitations seront préfabriquées au Québec et assemblées en Haïti de concert avec la population locale. Spécialement adaptées au climat du pays, traitées contre les termites, les 2000 maisons procureront un nouveau toit à environ 10 000 sinistrés.

La population haïtienne mérite mieux qu'une reconstruction à partir de gravats et de détritus, a évoqué Hervé Deschênes, vice-président de FP Innovations, un institut de recherche forestier associé au projet.

«Imaginez les parents qui vont aller coucher leurs enfants dans leur chambre chaque soir en sachant que leur maison a été construite de la même manière que celle d'avant. C'est inimaginable et il faut casser le 'pattern»', a-t-il dit.

À 2000, le nombre de maisons expédiées apparaît bien modeste dans un pays qui compte des millions de sans abri à la suite du terrible séisme du 12 janvier.

L'industrie québécoise espère ainsi que d'autres provinces emboîteront le pas à l'initiative, tout comme des pays producteurs de bois comme les États-Unis, la Russie et les nations scandinaves.

À plus petite échelle, M. Chevrette a invité jeudi les fournisseurs de portes et fenêtres à contribuer elles aussi à l'effort de l'industrie forestière.

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