Le grand patron du Fonds de solidarité FTQ, Yvon Bolduc, s'avoue préoccupé. Le taux d'épargne, qui a atteint un sommet de 20 %, en 1982, et qui a longtemps été à 5 % et 6 %, est maintenant à 2,1 % au Québec.
« Et quand on regarde le défi démographique, on a quatre travailleurs pour un retraité. Mais dans 15 ans, ce sera deux travailleurs pour un retraité. Ce sera un poids important pour l'État et je me demande si l'État aura les moyens de pourvoir à tous les retraités », a déclaré M. Bloduc en rencontre éditoriale avec LeDroit.
Un récent sondage de la banque RBC indiquait que seulement 35 % des Canadiens comptent cotiser dans un RÉER. La FTQ a obtenu le même pourcentage dans un sondage interne.
En ce dernier blitz avant la date limite du 1er mars pour cotiser dans un RÉER, Yvon Bolduc est en tournée pour encourager les Québécois à mettre de l'argent de côté, plus précisément dans le Fonds FTQ, avec le principal avantage d'un crédit d'impôt de 30 %. Soixante pour cent des investissements vont dans les entreprises québécoises dans 28 secteurs d'activités.
« On ne dit pas aux gens de tout mettre dans le Fonds de solidarité. Mais mettre un niveau raisonnable. En moyenne, les contributions sont de 2500 $. »
Il attribue le faible taux d'épargne des Québécois à la société de consommation et à l'accès facile au crédit. Les temps sont difficiles, et les gens veulent aussi se gâter et vivre pour le présent, reconnaît Yvon Bolduc. « On ne dit pas d'arrêter de consommer. On dit de trouver le juste équilibre. »
La FTQ mise avant tout sur le sentiment de fierté des Québécois et rappelle que le Fonds de solidarité a investi dans des entreprises de chez nous, grandes et petites.
Le Fonds s'est fixé un objectif ambitieux de 700 millions $ en période de ralentissement. L'actif net atteint actuellement 7 milliards $. Le rendement moyen depuis 1983 se chiffre à 3,5 % excluant les crédits d'impôt. Sur 10 ans, le rendement s'élève à 7,6 % incluant les crédits.
M. Bolduc qualifie les RÉERs du Fonds de solidarité FTQ de « capital patient ». « Le but est d'investir pour sa retraite. » Un investisseur ne peut retirer son RÉER avant l'âge de 65 ans, sauf en cas de perte d'emploi, de retour aux études, de conversion en Régime d'accès à la propriété (RAP) ou lorsqu'il fonde une entreprise.
Yvon Bolduc ne croit pas que la récente controverse à la FTQ-Construction nuira aux efforts pour attirer des investissements dans le Fonds de solidarité. Les médias ont récemment fait état des liens entre l'ex-dirigeant de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis avec des membres du crime organisé.
« C'est certain que de la mauvaise presse, personne n'aime ça. Mais je pense que les gens font la part des choses. Ceci étant dit, on a tiré des leçons : on a amélioré notre gouvernance. »
Norbourg et le scandale d'Earl Jones ont aussi été un « oeil au beurre noir » pour le secteur des finances et des investissements. Mais encore là, les gens font la différence, selon M. Bolduc. Le Fonds de solidarité n'a pas volé les actionnaires, dit-il. « Au contraire, on a fait 700 millions $ de profit pour nos investisseurs au cours de la dernière année. »











