Plus souvent qu'autrement noyés dans une mer de produits provenant de partout dans le monde, les viandes, les fromages et les légumes de l'Outaouais passent la plupart du temps complètement inaperçus dans les supermarchés de la région. Cette époque sera bientôt révolue, a appris LeDroit. Des étiquettes de couleurs et de formes distinctes seront installées sur les tablettes de plusieurs épiceries pour indiquer clairement aux consommateurs qu'ils sont en présence d'un produit provenant de la région.
L'importante campagne de visibilité organisée par la Table de concertation en agroalimentaire de l'Outaouais, en collaboration avec l'Association des détaillants autonomes (ADA), doit voir le jour d'ici la fin du mois d'avril, confirme Vincent Philibert, président de la table de concertation. « Il y a un intérêt croissant pour les produits de la région, explique-t-il. Les consommateurs recherchent de plus en plus des produits frais provenant de leur région et les supermarchés en sont conscients. Cette campagne permettra à la fois aux détaillants de démontrer leur appui aux producteurs locaux et à ces mêmes producteurs de différencier leurs produits des autres sur le marché et ainsi se faire connaître du public. »
La présidente de l'ADA qui représente une vingtaine de détaillants, Isabelle Tassé, souligne que les produits régionaux profitent actuellement d'une vague de popularité. « Les gens recherchent ces produits, ils veulent les acheter, mais en même temps, ils sont pressés, explique-t-elle. Ils n'ont pas toujours le temps de vérifier la provenance de ce qu'ils mettent dans leur panier d'épicerie. Ces étiquettes permettront aux consommateurs d'identifier les produits de notre région très facilement. »
Enfin de l'aide
Sylvain Bertrand, producteur de poulet et propriétaire de la ferme Aux Saveurs des monts, accueille avec beaucoup d'enthousiasme cette campagne de visibilité. Cette aide ne peut être que salutaire en ces temps « très sombres » pour le secteur agricole. « L'Outaouais regorge de petits producteurs, mais souvent ils n'ont pas les moyens de faire la promotion de leurs produits, reconnaît-il. Cette visibilité aura un impact important pour nous. »
Vincent Philibert confirme d'ailleurs que parallèlement à cette campagne, la Table de concertation vient d'embaucher un agent de commercialisation pour appuyer les producteurs dans leurs efforts pour développer de nouveaux marchés. « Ce n'est pas vrai que les normes exigées par tous les supermarchés sont inatteignables, dit-il. Il y a une certaine souplesse et plusieurs sont prêts à faire de la place aux produits régionaux sur leurs tablettes. »
Les producteurs ne doivent cependant pas voir trop grand, recommande Mme Tassé. « Plutôt que de tenter d'entrer leurs produits chez plusieurs détaillants, les producteurs peuvent commencer lentement en concluant une entente avec un seul supermarché et voir comment ça se passe, explique-t-elle. Ensuite, ça sera plus facile pour eux de faire un pas de plus. »
Sylvain Bertrand est du même avis. Selon lui, un producteur qui désire vendre ses produits dans un supermarché doit avant tout faire ses devoirs. « Quand un épicier te fait la faveur de mettre ton produit sur ses tablettes, comme producteur tu dois t'engager à offrir ton produit sans rupture de stock et surtout t'assurer de sa qualité constante », prévient-il.










