Sans vouloir divulguer les détails de l'entente, le secrétaire-trésorier du SCEP, Gaétan Ménard, a avoué que les travailleurs devaient s'attendre à devoir faire des sacrifices importants pour parvenir à un renouvellement de convention collective avec l'employeur.
« Dans le contexte où se trouve la compagnie actuellement, il s'agit d'une bonne entente. Je crois que nos membres vont comprendre. Pour ce qui est de l'acceptation de ces sacrifices, c'est une autre histoire », s'est limité à dire M. Ménard.
AbitibiBowater se trouve actuellement sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. L'entreprise croule sous une dette estimée à 8 milliards $. Le renouvellement des conventions collectives est une condition primordiale à la survie de l'entreprise.
Diminution de salaire de 30 %
Selon ce que LeDroit a appris la semaine dernière, les quelque 350 travailleurs de l'usine de Gatineau pourraient devoir encaisser des diminutions de salaire de l'ordre de 30 % et d'importantes réductions dans les avantages sociaux. Le SCEP n'a pas voulu confirmer ces informations hier. La crainte de voir les régimes de retraite diminuer sera toutefois évitée puisque le Syndicat a indiqué que la compagnie a retiré sa proposition qui aurait pu entraîner une réduction des prestations de retraite de 25 % en moyenne.
« On a une entente de principe, c'est l'essentiel. Il reste beaucoup de chemin à faire, mais notre but principal était de garder les régimes de retraite », a mentionné Gaston Carrière, président de la section 142 du SCEP de l'usine AbitibiBowater de Gatineau.
M. Carrière n'a pas voulu s'avancer sur l'issu du vote de ses membres, mais il soutient lui aussi qu'il s'agit de la « meilleure entente possible » dans le contexte actuel.
S'il n'a pas voulu révéler les détails de l'entente, Gaétan Ménard n'a pas mâché ses mots pour dénoncer l'attitude du gouvernement fédéral dans le dossier. Selon lui, plusieurs sacrifices que les travailleurs devront faire sont attribuables à « l'immobilisme » du gouvernement de Stephen Harper.
« Depuis des années, nous demandons des garanties de prêts au gouvernement. Avec ces garanties, nous aurions pu empêcher les sacrifices imposés à nos membres. Comment voulez-vous que l'on négocie convenablement avec une entreprise qui croule sous les dettes », se demande M. Ménard.
L'entente sera présentée aux membres de l'usine de Gatineau et des autres établissements concernés cette semaine afin qu'elle soit ratifiée par les syndiqués.
Le gouvernement du Québec devra également adopter les changements appropriés pour permettre à la compagnie de renflouer les régimes de retraite.











