« Fortress fait une bonne affaire, lance-t-il. Elle met la main sur une usine pour un très bon prix, ce qui lui permet d'y investir beaucoup d'argent pour la convertir vers la bioraffinerie, la voie de l'avenir pour l'industrie des pâtes et papiers. »
Si le soulagement et la joie étaient facilement perceptibles dans la voix du directeur de l'usine, Marco Veilleux, hier, quelques heures après la confirmation de la vente, ce ne fut pas toujours le cas au cours des neuf derniers mois. « Je dois dire que je me suis parfois senti en chute libre, a-t-il confié au Droit. Il y a eu des moments très difficiles, surtout l'été passé. C'est l'appui de toute mon équipe qui m'a parfois empêché de baisser les bras. Aujourd'hui, j'ai de la difficulté à réaliser qu'on a passé à travers la crise. Je suis soulagé d'un énorme poids. »
Le maire de Thurso, Maurice Boivin, a rappelé que la vente de l'usine doit encore recevoir l'acceptation du Conseil du Trésor et du conseil des ministres avant d'être officielle. Sa réaction à l'annonce de la vente démontre tout de même que le maire regarde maintenant vers l'avenir. « On va enfin pouvoir remettre notre monde au travail, a-t-il lancé. Nous vivions dans l'incertitude depuis juin et ça, c'est néfaste sur le moral de n'importe quelle ville. Là, on passe à une nouvelle activité qui nous assurera une certaine pérennité. »
Cannon satisfait
Le gouvernement du Canada encourage depuis plusieurs mois les entreprises forestières à se tourner vers la production d'énergies renouvelables comme le prévoit Fortress avec sa nouvelle usine. En ce sens, le ministre fédéral responsable de l'Outaouais, Lawrence Cannon, était d'autant plus satisfait du dénouement annoncé pour l'usine de Thurso. « Il s'agit d'une excellente nouvelle pour l'Outaouais et pour les travailleurs de l'industrie de la forêt, a-t-il indiqué. Je m'en réjouis et je souhaite que le projet maintienne et crée des emplois pour nos travailleurs. »
Le ministre québécois responsable de la région et député de la circonscription de Papineau, Norman MacMillan, s'est pour sa part refusé à tout commentaire tant que le gouvernement du Québec n'aura pas approuvé la vente.











