Ce qui se tramait depuis plusieurs semaines s'est finalement concrétisé, tard, jeudi soir. Fortress, dont le siège social est situé à North Vancouver se spécialise dans la production de pâte à rayonne utilisée dans la confection de vêtement. Les nouveaux propriétaires entendent investir 153 millions $ d'ici le milieu de l'année 2011 pour convertir ses installations de Thurso afin de produire de la pâte à rayonne et ainsi d'emprunter la voie prometteuse de la bioraffinerie. Fortress utilisera les rejets découlant de la production de la pâte pour en faire de l'énergie verte pouvant remplacer certains combustibles à base de pétrole.
Soulagé de ce dénouement heureux pour 350 travailleurs de la région et aussi de pouvoir enfin donner les détails du projet, le directeur de l'usine, Marco Veilleux, précise que la vente doit être finalisée au plus tard le 30 avril prochain. « Nous allons continuer de produire de la pâte Kraft pendant un an et quelque part en 2011 on va cesser les opérations pendant environ 40 jours afin de terminer la conversion des installations vers la production de la pâte à rayonne. » L'employeur prévoit aussi un budget pour former ses nouveaux employés.
Un marché en expansion
Fortress prévoit produire 200 000 tonnes métriques par année de pâte à rayonne. M. Veilleux indique que cette production est principalement destinée à l'exportation. Dans un communiqué, le grand patron de Fortress, Chad Wasilenkoff, indique que le marché de la pâte à rayonne est en pleine expansion. De fait, ce marché à connu une croissance de 10 % en Chine et de 7 % à travers le monde au cours des cinq dernières années.
« J'ai la ferme conviction que Fortress sera là pour un bon bout de temps, précise M. Veilleux. La conversion de l'usine que prévoit faire l'entreprise est la première étape vers la bioraffinerie. Cela ouvre la porte à un paquet de projets qui n'étaient pas possibles auparavant. Nous travaillons maintenant à construire l'avenir. »
Fortress investira aussi plusieurs millions de dollars afin de construire une centrale de cogénération qui doit générer 25 mégawatts. La construction de cette centrale sur les terrains de l'usine doit être terminée vers la fin de 2012. « Une fois les travaux de conversion et de cogénération complétés, Fortress pourra profiter de nouveaux produits qui offrent des perspectives de croissance à long terme pour la compagnie, a signifié M. Wasilenkoff. Nous n'avons pas l'intention de nous lancer dans la production de pâte à papier avec cette nouvelle acquisition, mais plutôt d'entrer dans le secteur stratégique de la bioraffinerie, à un moment où la demande dépasse la capacité actuelle de production. »
Une nouvelle tendance
Le trésorier du Syndicat canadien de l'énergie et du papier (SCEP), Gaétan Ménard, affirme qu'il y aura de plus en plus de transactions du genre dans les années à venir. « Nous allons voir de plus en plus de grandes compagnies du secteur de l'énergie qui ont de l'argent plein les poches acheter les usines forestières, dit-il. C'est une bonne nouvelle tant que les emplois sont préservés et que ces compagnies n'ont pas l'intention de brûler nos forêts pour en faire de l'énergie. Il faudra tout de même garder un oeil là-dessus. »
Il y a certes moins de nuages gris au-dessus du ciel de Thurso aujourd'hui, mais la vente de l'usine de Thurso demeure conditionnelle à l'acceptation par le gouvernement du Québec d'un prêt de 102,4 millions $ sur 10 ans d'Investissement Québec à Fortress.












