Une heure après l'annonce officielle de la construction de deux nouveaux édifices fédéraux dans le centre-ville de Gatineau, hier matin, la haute direction de Broccolini, qui a obtenu l'important contrat fédéral, était rassemblée à l'Hôtel Bank et attendait l'arrivée du propriétaire, George Poirier. LeDroit a été témoin de la scène. L'épopée centenaire de l'Hôtel Bank prendra officiellement fin d'ici 90 jours.
Construit en 1908, l'Hôtel Bank a vu défiler à l'intérieur de ses murs quantité d'ouvriers de la E.B. Eddy et de la Canada Packers. L'établissement cité comme monument historique en 1998 et dont la façade a été complètement rénovée la même année avait su garder, avec le temps, une clientèle fidèle, malgré la disparition de ces deux importantes entreprises.
Le propriétaire, George Poirier, a décidé de vendre pour un prix « très honorable » le vénérable établissement au puissant promoteur immobilier. L'entrepreneur confirme qu'il conservera l'édifice patrimonial dans son intégralité et qu'il l'intégrera au nouveau bâtiment. Quant à la vocation de l'établissement, il serait surprenant que ça demeure une taverne.
« On regarde actuellement toutes les alternatives possibles pour l'utilisation de cet endroit, mais le gouvernement aura probablement son mot à dire, a indiqué le vice-président de Broccolini, Roger Plamondon. On pense toutefois avoir trouvé un arrangement qui avantage tout le monde. »
Broccolini utilisera l'endroit comme bureau pendant la construction.
Pincement au coeur
Âgé de 65 ans, George Poirier n'a pas vendu son établissement sans un pincement au coeur.
« C'était dans la famille depuis 1957, lance-t-il. J'avais la chance de garder la place, mais j'ai décidé de vendre surtout parce que j'aurais dû fermer pendant toute la période de la construction du nouvel édifice, soit pendant plus de deux ans. En plus, je perdais mon stationnement à l'arrière. Ça va faire mal à ma clientèle aussi. Beaucoup de gens voyaient l'Hôtel Bank comme un point de rendez-vous, mais les choses changent et pour moi c'était le temps de passer à autre chose. »
M. Poirier précise que la direction de Broccolini a agi de façon « très respectueuse » avec lui.
« Ce sont des gens respectueux et je crois qu'ils comprennent la valeur véritable de l'Hôtel Bank, dit-il. Le temps des tavernes est peut-être terminé, il faut évoluer. À mon avis l'endroit demeure idéal pour conserver le même type de vocation. Ça serait un atout pour le centre-ville. »
Boutique érotique
Le gérant de la boutique Érotica +, Paul Rollin, voisin de l'Hôtel Bank, n'avait aussi que des bons mots pour les gens de Broccolini. L'édifice qui abrite son commerce, tout comme la centrale de Crown Taxi seront démolis pour faire place au nouvel édifice fédéral.
« On a été très bien traité par Broccolini, affirme M. Rollin. On va déménager notre commerce un peu plus loin. Je veux demeurer dans le Vieux-Hull. J'ai obtenu une bonne compensation, très honorable. Ç'a été un plaisir de négocier avec Broccolini. »
Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Philippe Marion, est très heureux de la manne qui vient d'être annoncée pour l'Outaouais.
« La dernière fois qu'il y a eu un investissement aussi important en Outaouais c'était pour la construction du Casino, rappelle-t-il. Ça va stimuler notre économie, c'est évident. La reconstruction du Bloc Scott est aussi fantastique. Ça va permettre d'ajouter des espaces commerciaux dans le centre-ville et aider à la nouvelle vision pour ce secteur. Tout ce qui reste à souhaiter c'est que les travailleurs de la construction qui participeront au projet proviendront de la région et non pas de l'extérieur. »













