Le projet de miellerie lancé par Prosper Bimangou, un Congolais arrivé au pays en 2008, est unique en son genre et se veut une première en Outaouais. Sous forme de coopérative, l'entreprise comptera 300 ruches et environ 24 millions d'abeilles réparties un peu partout dans la région. La production annuelle de miel pourrait atteindre 18 000 kg, soit plus que la région ne peut en consommer. L'Outaouais pourrait donc bientôt être reconnue pour la qualité de son miel un peu partout au pays... et peut-être même aux États-Unis.
M. Bimangou explique que les activités de la Miellerie de l'Outaouais dépasseront la seule production de miel, de cire et de gelée royale. « Les agriculteurs de la région pourront aussi louer nos ruches dans le but de polliniser leurs champs », explique-t-il. Ce service sera unique dans la région. Jusqu'ici, les agriculteurs désirant polliniser leurs champs devaient louer des abeilles provenant parfois aussi loin que l'Alberta. Le miel qui sera produit grâce au travail de pollinisation des abeilles sera récolté et traité à la miellerie.
« La coopérative offrira aussi un service de soutien aux gens intéressés par l'apiculture, explique celui qui a près de 20 ans d'expérience dans le domaine. Il n'y a pas beaucoup de relève et il y a un danger que les connaissances finissent par se perdre. Nous aurons des activités de formation en apiculture. Ceux qui voudront se lancer dans cette aventure pourront acheter de nos ruches en retour de quoi nous leur assurons une supervision des activités pendant cinq ans. Ils pourront utiliser les équipements de la miellerie pour extraire le miel et le traiter. En fait, le véritable mandat de notre coopérative est d'augmenter la production de miel au Québec. »
Faible production au Québec
De fait, le Québec ne produit que 25 % du miel qu'il consomme, ce qui est très peu compte tenu de la qualité de la biodiversité florale de la province. « Le reste est importé de l'Argentine, de l'Australie ou de la Chine, sans savoir dans quelles conditions le miel est récolté », précise M. Bimangou.
Pour l'instant, les activités de la Miellerie de l'Outaouais ne font que débuter. La coopérative qui compte actuellement sept membres prévoit installer, dans les boisés et sur les terres agricoles de la région, près de 150 ruches d'ici la fin de l'été. La construction de la miellerie, selon les normes le plus strictes en vigueur, aura lieu l'été prochain, en même temps que l'achat des équipements qui nécessiteront un investissement d'environ 100 000 $. L'acceptation du projet par le CLD Gatineau et le gouvernement du Québec est toutefois préalable à cette deuxième phase du projet. « Ces équipements seront mis à la disposition des apiculteurs de la région qui n'ont souvent pas tous les équipements nécessaires pour extraire et traiter le miel », précise l'apiculteur. Actuellement, une quarantaine de ruches ont été installées sur deux sites. De nouvelles colonies d'abeilles seront achetées bientôt, indique M. Bimangou.
Mort des colonies
Prosper Bimangou, comme tout apiculteur, est inquiet de la mort qui touche des milliers de colonies d'abeilles en Amérique du nord et en Europe depuis quelques années. « Ce phénomène n'est pas observé en Afrique, dit-il. Là-bas, on n'utilise pas de pesticide. À mon avis il y a un lien à faire. Les gens doivent comprendre le message. L'humanité ne peut se passer du travail de pollinisation des abeilles. » Albert Einstein a déjà affirmé que « si l'abeille venait à disparaître, l'Homme n'aurait plus que quelques années à vivre ».











