Dans le cadre de l'audience publique du CRTC sur l'examen des services de radiodiffusion de langues anglaise et française dans les communautés de langue officielle minoritaires au cours de laquelle près de 25 intervenants ont été entendus depuis mardi, le commissaire Fraser a d'abord souligné que la disponibilité des services de radiodiffusion et le manque d'émissions reflétant les réalités des communautés de langue officielle minoritaires le préoccupent grandement.
Il cite à cet égard l'absence de réelles contraintes pour imposer le concept de « reflet régional » que l'on retrouve dans les conditions de licences. Le commissaire Fraser croit ainsi que le CRTC doit clarifier la notion de « reflet régional » en élaborant une politique qui définirait les engagements minimaux devant être pris par les principaux conglomérats de médias en les combinant aux conditions de licence.
« En règle générale, les attentes du CRTC ne se trouvent pas dans les conditions des licences de radiodiffusion. Par conséquent, les diffuseurs n'ont pas réellement l'obligation d'en tenir compte, que ce soit sur le plan financier ou dans leur activité de radiodiffusion », a-t-il souligné.
Puis, répondant à une question du président du CRTC, le commissaire Fraser a souligné qu'il avait l'impression que pendant des années, les distributeurs par satellite ou par câble avaient profité de la revente des programmes étrangers, en traitant la question comme d'un « droit acquis » et en considérant les canaux canadiens « comme un fardeau ». « En tant que Canadien, je crois que l'espace public devrait avoir comme priorité le contenu canadien, et nous devrions avoir un meilleur accès aux produits culturels canadien », a-t-il mentionné.
Il a cité en exemple le cas de la Radio communautaire francophone d'Ottawa à qui le CRTC a refusé l'octroi d'une licence l'an dernier. Le ministre du Patrimoine canadien James Moore a d'ailleurs demandé récemment au CRTC de réviser sa décision dans le contexte de ses obligations de prendre des mesures positives à l'égard des communautés linguistiques minoritaires.
Pas d'équité olympique
Par ailleurs, le commissaire Fraser a mentionné que le CRTC devra mettre en oeuvre les exceptions qui s'imposent pour que toute la population canadienne ait accès aux Jeux olympiques dans la langue officielle de son choix. Il a aussi dit qu'il trouvait « regrettable » que le télédiffuseur anglophone CTV ait indiqué qu'il y aurait moins d'heures de diffusion des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 en français qu'en anglais : 800 heures comparativement à 1100 heures.
« C'est regrettable car il n'y aura pas de couverture équitable des Jeux », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le passage au numérique préoccupe la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Lise Routhier-Boudreau. Elle s'est dite inquiète des conséquences pour les francophones de la cessation de la diffusion hertzienne analogique le 31 août 2011, au profit du numérique.
« La FCFA estimerait totalement inacceptable que la cessation de la diffusion analogique, le 31 août 2011, résulte en une incapacité pour les francophones d'avoir accès au signal de leur station provinciale de Radio-Canada » a averti la présidente de la FCFA.










