La puissante Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN tient mercredi et jeudi à Laval une réunion pour discuter de la formation de cet éventuel front commun avec la FTQ et les cinq membres du Secrétariat intersyndical des services publics, dont la CSQ.
En entrevue avec La Presse Canadienne, mercredi, le premier vice-président de la CSN, Louis Roy, a évalué «à 90 pour cent» les chances que les organisations syndicales fassent front commun pour négocier leurs nouvelles conventions collectives avec le gouvernement du Québec.
«Il me semble que les conditions sont réunies. Ca fait une trentaine d'années que je suis ce secteur-là et j'ai l'impression que pour une fois, la très grande majorité des conditions sont réunies pour qu'on puisse véritablement travailler ensemble tout au long de la négociation», commente M. Roy.
«Il reste quelques fils à attacher» pour parvenir au front commun, notamment s'entendre sur les balises, note-t-il.
Dans les rangs de la FSSS plus spécifiquement, «la réception est très positive», relate M. Roy.
Un tel front commun représenterait plus de 450 000 des 500 000 employés de l'Etat, estime-t-il.
Après la FSSS qui votera jeudi, ce sera au tour des trois autres fédérations de la CSN dans le secteur public et parapublic de se pencher sur la formation d'un tel front commun, au cours des prochains jours.
Les autres organisations syndicales ont également entrepris des démarches chacune de leur côté.
Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) avait déjà annoncé, à la mi-décembre, que ses cinq organisations syndicales membres avaient signé un protocole pour unir leurs forces en vue de la prochaine ronde de négociation. Il parlait lui-même d'«une coalition sans précédent en vue des prochaines négociations».
Le SISP réunit la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ-ancienne Fédération des infirmières), le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).
Les conventions collectives du secteur public et parapublic, qui ont en fait été décrétées par le gouvernement, arriveront à échéance le 31 mars 2010.
M. Roy a cependant bon espoir de pouvoir harmoniser les demandes des organisations syndicales dès septembre ou octobre de cette année, si le front commun voit effectivement le jour.
Les véritables négociations avec l'Etat pourraient débuter dès janvier prochain, espère-t-il.
«C'est un plan de match assez serré dans le temps», avoue M. Roy, qui veut y aller rondement, dans l'espoir de remplacer les décrets gouvernementaux par de véritables conventions qui seraient négociées «le plus tôt possible».
Les fronts communs, dans le passé, n'ont pas toujours tenu le coup jusqu'à la fin ou n'ont pas toujours rassemblé toutes les organisations syndicales. Cette fois-ci, il semble qu'elles trouvent toutes leur intérêt à négocier à l'unisson.
«Ce qui inquiète plus les gens, en fait, ce n'est pas tellement le front commun, c'est l'attitude du gouvernement dans les prochaines rondes de négociation, avec la crise économique, affirme M. Roy. Les gens ont peur que le gouvernement utilise la crise économique pour encore une fois ne pas répondre aux demandes syndicales. En 2005, on n'était pas en crise économique et le gouvernement a trouvé le moyen de décréter et de geler les salaires pendant deux ans. C'est une inquiétude que tout le monde a.»
Lors du dernier décret, précise-t-il, les employés de l'Etat avaient subi un gel de salaire pendant deux ans, suivi d'augmentations de 2 pour cent par année pendant quatre ans.










