Mercredi, en entrevue avec La Presse Canadienne, le premier vice-président de la CSN, Louis Roy, évaluait à 90 pour cent les chances qu'il y ait un véritable front commun du secteur public et parapublic pour la prochaine ronde de négociation. Les conditions sont réunies comme jamais, avait-il affirmé.
Jeudi, c'était au tour des cinq syndicats membres du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) de manifester leur intérêt. «Des discussions sont en cours partout dans toutes nos organisations», a confirmé Lucie Martineau, porte-parole du Secrétariat intersyndical.
Elle refuse toutefois d'évaluer les chances de réussite de ce front commun, comme l'a fait la CSN, affirmant que les cinq syndicats du SISP veulent d'abord consulter leurs membres et que tous ne sont pas aussi avancés dans ce processus.
«Habituellement, les gens aiment mieux être tous ensemble quand arrivent des périodes de négociation, sauf qu'on va les entendre. Il faut réellement aller consulter nos membres là-dessus», a dit Mme Martineau.
Les cinq du Secrétariat intersyndical forment déjà leur propre front commun depuis la mi-décembre. Il ne manque donc que la CSN et la FTQ, parmi les principales organisations syndicales du secteur public, pour constituer un front commun complet. Et ces deux dernières centrales ont déjà signé un pacte de non-maraudage entre elles.
Infirmières et enseignants
A la Fédération interprofessionnelle de la santé, par exemple, la présidente Lina Bonamie souligne que le choix est déjà arrêté. «Pour nous c'est déjà fait et la position est dans le sens d'un front commun», a-t-elle dit. Mais Mme Bonamie note qu'il faudra tout de même élaborer le fonctionnement d'un tel front commun.
Le front commun à sept, «c'est une question qu'on ne peut pas balayer du revers de la main. Moi je pense, comme citoyenne syndiquée au Québec, qu'on a avantage cette fois-ci à faire un vrai front commun», a-t-elle ajouté.
«On sent la volonté chez nos membres aussi, mais on doit partager avec eux pour quelles raisons on ferait un tel front commun, est-ce qu'ils le comprennent, est-ce qu'ils partagent cette évaluation qu'on fait, nous», a dit Mme Bonamie.
A la CSQ, le président Réjean Parent appelle à la même prudence et à la même consultation préalable, alors qu'une instance de la centrale syndicale se prononcera vendredi sur ce front commun.
«Nos expériences dans le passé nous ont démontré que quand on annonce les nouvelles avant qu'ils se soient prononcés, ça a tendance à leur faire décider le contraire de ce qu'on a annoncé», a lancé M. Parent, mi-sérieux.
Le Secrétariat intersyndical des services publics regroupe la Centrale des syndicats du Québec (CSQ, ancienne Centrale de l'enseignement du Québec), la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ, ancienne Fédération des infirmières), le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec, le Syndicat de la fonction publique du Québec et l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).










