Le ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux a publié une « lettre d'intérêt », hier, afin de tâter le pouls du secteur privé. Selon le document, dont LeDroit a obtenu copie, Ottawa examine la possibilité de « transférer la responsabilité des biens et des opérations de son réseau d'énergie », ou encore de les « remplacer par des systèmes appartenant à un ou plusieurs tiers ». L'objectif : obtenir la solution énergétique présentant le meilleur rendement environnemental et financier. Tous les modèles sont sur la table, « y compris la tenure à bail, la licence, la coentreprise et le dessaisissement ».
À l'heure actuelle, sept centrales alimentées au gaz naturel, au mazout et à l'électricité assurent le chauffage de 102 édifices et le refroidissement de 72 d'entre eux, selon un mode de recouvrement des coûts.
Par le biais de grosses chaudières industrielles, elles produisent de la vapeur d'eau, de l'eau chaude surchauffée ou de l'eau réfrigérée au bénéfice de deux millions de mètres carrés d'espaces à bureaux, de laboratoires, de commerces et d'entrepôts. Ses réseaux de distribution sont constitués de plus de 12 kilomètres de tunnels et de quelque 40 kilomètres de canalisations enterrées aux quatre coins de la capitale.
Confronté à une infrastructure vieillissante - la centrale de la rue Cliff a été construite au début des années 1920 - le gouvernement fédéral voit l'occasion de moderniser son réseau en profitant des nouvelles technologies environnementales.
Inquiétude à l'AFPC
N'empêche que la présente étude de faisabilité - qui ne fait pas encore l'objet d'un appel d'offres - est source de vives inquiétudes à l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).
« Loin de nous l'idée de remettre en question le bien-fondé de moderniser et d'écologiser les équipements et les infrastructures de chauffage et de refroidissement, explique Dan Charron, vice-président national du Syndicat des services gouvernementaux (SSG-AFPC). En effet, le projet arrive à un moment idéal. Il pourrait servir de mesure de stimulation de l'économie et de moyen d'investir dans les technologies propres. »
« Comment le gouvernement peut-il garantir la sécurité du service s'il en perd le contrôle ? » - John Gordon
« Ce qui nous inquiète, poursuit-il, c'est l'intention du gouvernement de remettre la gestion des centrales entre les mains du secteur privé. Comment concilier l'intention du gouvernement d'épargner l'argent du contribuable et le besoin du secteur privé d'afficher un profit ? »
Le président national de l'AFPC, John Gordon, abonde dans le même sens et dit craindre pour la sécurité du réseau, si un tel projet doit un jour se concrétiser. « Comment le gouvernement peut-il garantir la sécurité du service s'il en perd le contrôle ? » demande-t-il. « Toute tentative de vendre un tel service au secteur privé doit être tuée dans l'oeuf ! »
Le ministère des Travaux publics tiendra une première séance d'information à l'intention de l'industrie, dès septembre. Les entrepreneurs et leur personnel doivent avoir une cote de sécurité de niveau « confidentiel », puisqu'ils auront accès à des renseignements « classifiés ».











