C'est du moins ce que révèle une brique de documentation déposée cette semaine devant la Chambre des communes, à la demande du député néo-démocrate Glenn Thibeault. Dans une question posée en mai dernier, le député de Sudbury a réclamé de voir les factures du gouvernement fédéral liées à divers services, dont les taxis, le nettoyage à sec, ou encore les retraites en centres de villégiature.
Au chapitre des courses en taxi, le ministère des Travaux publics et Services gouvernementaux arrive en tête de liste avec une facture totalisant 1,835 million $ en 2008-2009, une légère hausse de 30 000 $ par rapport à l'année précédente. Santé Canada se pointe tout juste derrière avec une note de 1,6 million $ pour l'an dernier, ce qui inclut « principalement les frais reliés aux taxis », mais aussi le stationnement et le kilométrage local.
Via Rail sur le podium
Fait surprenant, la troisième marche du podium est occupée par Via Rail, qui a présenté une facture de 1,2 million $ pour chacune des deux dernières années, soit le double de la Défense nationale. La société d'État a indiqué que ces dépenses permettent de ramener certains employés à la maison au terme d'un voyage aller-simple. « On parle de gens qui travaillent sur les trains de longs parcours ou dans les régions éloignées », a précisé la porte-parole de Via Rail, Élizabeth Huart, qui donne l'exemple de la liaison Winnipeg-Churchill.
Une centaine de ministères et d'agences du gouvernement fédéral ont été mis à contribution. Certains avec plus de succès que d'autres. Exemple de précision, l'administration centrale du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a rapporté 67 653 déplacements en taxi, pour une facture totalisant 1,11 million $ en 2008-2009. À l'opposé, le Centre national des arts (CNA) indique simplement utiliser « régulièrement » les services de taxis et de nettoyage à sec, « mais ne peut déterminer ni le coût ni la fréquence ». La Commission canadienne du tourisme plaide que ses dossiers « ne sont pas configurés de façon à permettre le triage automatique ». Le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) refuse de dévoiler les détails de son budget « pour des raisons de sécurité nationale ».
Malgré son volume, le document parlementaire offre un portrait somme toute partiel, plusieurs ministères n'incluant pas les déplacements effectués à l'extérieur de la région. La facture de 296 550 $ du ministère des Finances, par exemple, « représente uniquement les frais de taxi à Ottawa », les courses effectuées à l'extérieur étant consignées dans les frais de voyage. Le Conseil du Trésor fait de même avec sa facture de 329 000 $, qui représente uniquement les frais de « service de taxi local ».
Nettoyage et retraites
Le document parlementaire pose aussi sa loupe sur les dépenses fédérales de nettoyage à sec, qui atteignent 1,74 million $ en 2008-2009. L'essentiel de la facture (65 %) est attribuable à l'Agence canadienne d'inspection des aliments, qui a procédé au nettoyage de 6674 articles l'an dernier, au coût de 1,147 million $. À Pêches et Océans, la facture non-détaillée s'élevait à 295 000 $ l'an dernier.
Sans dépense pour les deux derniers exercices financiers, le ministère des Affaires étrangères précise néanmoins que « le chef du protocole s'est fait rembourser ses dépenses de nettoyage à sec entre avril 2004 et janvier 2007 », avant l'entrée en vigueur d'une nouvelle politique du Conseil du Trésor.
Les frais de 5,25 millions $ consignés sous la rubrique « retraites en centres de villégiature ou en centres de conférence » méritent aussi un coup d'oeil. Une dizaine de ministères et d'organismes fédéraux affichent des factures dans les six chiffres. La Défense nationale fait bande à part avec une dépense de 1,85 million $ pour 222 retraites, sans offrir plus de détails. Le ministère des Finances rapporte 13 retraites, pour une facture totalisant 182 400 $, ce qui comprend « une assemblée générale pour le personnel, une retraite pour le personnel de direction et onze retraites spécifiques à chaque direction générale du ministère ». La Banque du Canada soumet pour sa part une note de 13 100 $ pour des « journées de réflexion ».












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