Les 420 syndiqués déclenchent la grève Musée des civilisations et au Musée de la guerre

Les musées ouverts, mais au ralenti

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Même si le Musée canadien des civilisations à Gatineau et le Musée canadien... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Étienne Ranger, LeDroit

Louis Lafortune
Le Droit

Même si le Musée canadien des civilisations à Gatineau et le Musée canadien de la guerre, à Ottawa, demeurent ouverts, la première journée de grève hier a eu pour effet d'en ralentir les activités.

Les grévistes ont ralenti l'accès au musée des civilisations et certains automobilistes frustrés ont rebroussé chemin, tandis qu'à l'intérieur, le service était maintenu au minimum. Il n'y avait pas non plus d'animation, notamment au musée des enfants, et l'une des deux boutiques étaient fermées.

« Il y a peu de personnel pour répondre aux questions dans les salles d'exposition. Il n'y a pas de visites guidées non plus, a affirmé Cynthia, une Montréalaise qui visitait le Musée des civilisations avec son conjoint. Les deux ont décidé de stationner leur voiture dans les rues avoisinantes, car l'attente avec le piquet de grève, était trop longue.

« Je comprends que les syndiqués veulent expliquer leur situation, mais c'est un peu plate », a-t-elle ajouté.

Cette première journée de grève n'a pas empêché Barabara et Brian, un couple d'Ottawa, d'amener de la famille d'Angleterre en visite dans la région. « C'est la seule journée où l'on pouvait les amener. Nous avons accès au Musée des civilisations, mais il y a moins de services », a dit Barabara.

La grève n'empêchait pas les autobus de touristes de débarquer aux deux musées, même si à l'intérieur, ces établissements étaient peu achalandés hier.

Traitement «équitable»

Les négociations entre les 420 employés des deux musées et la direction, qui ont commencé en avril, sont rompues depuis vendredi. Les syndiqués de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) se sont récemment donnés un mandat de grève à 92 %. Ils affirment que leurs salaires sont inférieurs aux travailleurs des autres musées fédéraux de la région.

« Nous voulons être traités équitablement. Nous avons droit aux mêmes avantages et conditions de travail que les employés des autres musées de la région, a déclaré Mélissa Ferland, comédienne interprète et délégué syndicale au Musée canadien des civilisations. J'espère qu'il y aura une résolution rapide, mais nous resterons sur la ligne de piquetage le temps que ça prendra pour régler ce conflit. »

Les grévistes distribuaient de l'information aux automobilistes qui attendaient d'accéder au stationnement du Musée des civilisations. « On leur propose d'aller voir le Musée de la nature et le Musée de la technologie où les gens ont de très bonnes conditions de travail que l'on aimerait avoir ici. S'ils insistent pour entrer, on les fait patienter un peu et on les laisse passer », a expliqué Mme Ferland.

Selon l'AFPC, dans certains cas, le personnel des deux musées en grève touche jusqu'à 40 % de moins que celui du Musée canadien de la nature et du Musée des sciences et de la technologie. La sous-traitance et le recours aux employés temporaires sont aussi au coeur du litige.

De son côté, la direction des deux musées se dit désolée de voir que les employés ont choisi de déclencher la grève et que le syndicat n'ait pas soumis au vote sa dernière offre.

Selon la direction, l'offre finale soumise vendredi représente des hausses salariales variant de 12 % à 17 % au cours des quatre prochaines années. Les demandes globales des syndiqués auraient fait grimper les coûts d'au moins 30 % au cours de la même période, a aussi maintenu la Société du Musée canadien des civilisations, qui gère aussi le musée de la guerre.

« Au moyen de cette offre, la Société affirmait son important engagement à l'égard de son personnel et elle s'attendait à ce que les employés prennent connaissance et qu'elle soit soumise à leur vote », affirme Elizabeth Goger, négociatrice principale pour la patrie patronale.

Selon Mme Goger, la direction a aussi proposé de laisser plus de temps à l'AFPC d'effectuer des consultations auprès de ses membres afin d'examiner l'offre finale de plus près, mais le syndicat a refusé. L'AFPC maintient de son côté que l'employeur a refusé d'aborder les préoccupations de ses membres en plus de tenter d'obtenir d'importantes concessions.

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