C'est la proposition présentée hier par le chef bloquiste Gilles Duceppe et le conseiller économique du Bloc québécois, Daniel Paillé, visant à remettre les finances publiques sur les rails.
« Ottawa pourrait ainsi réaliser des économies annuelles de l'ordre de 8 milliards $, sans congédier un seul fonctionnaire et sans toucher aux transferts, a fait valoir hier Daniel Paillé, conseiller économique du Bloc québécois, qui espère devenir candidat bloquiste dans le comté d'Hochelaga, à Montréal, lors d'une élection partielle le 9 novembre prochain.
La réduction de la taille de la fonction publique fédérale, une baisse des dépenses militaires ainsi qu'une augmentation de l'imposition des pétrolières et des grandes banques permettraient au gouvernement fédéral de réaliser des économies annuelles de l'ordre de 16 milliards $ dont la moitié seraient réalisables au sein même de l'appareil fédéral.
Fonction publique
En plus des trois milliards $ par attrition, le plan prévoit des économies de 3 milliards $ dans la réduction des contrats de services. D'autres réductions de 750 millions $ seraient obtenues avec la réduction des achats d'équipement du fait de la réduction de la taille de l'État fédéral. Enfin une rationalisation des petits programmes permettrait d'épargner 1,25 milliard $.
Le député bloquiste Richard Nadeau a expliqué hier que le plan Paillé et cette proposition de réduction de la taille de la fonction publique s'inspirent du Rapport Léonard qu'avait présenté Jacques Léonard au nom du BQ il y a cinq ans. Ce plan a été révisé en novembre 2008 (le Bloc avait alors présenté un Plan économique), puis mis à jour en raison de la situation économique actuelle.
Sans avoir de chiffres sur le nombre de retraités qui ne seraient pas remplacés par l'attrition, M. Nadeau soutient qu'il s'agit d'une mesure nécessaire pour permettre de réduire la taille de l'État fédéral, et ainsi contribuer à d'autres secteurs de l'économie.
« En période de crise économique, on cherche des moyens afin de payer moins d'impôts. Il y a des secteurs qui roulent mieux et d'autres moins. Et à un moment donné, il faut se serrer la ceinture pour aider les secteurs en difficultés. Dans la région, l'industrie forestière en a grand besoin. Et on ne laisse pas tomber les fonctionnaires. Avec notre plan, il n'y a pas un fonctionnaire qui va perdre son emploi », a-t-il tenu à préciser.
Le candidat libéral dans Steve McKinnon a dénoncé le plan du BQ en demandant comment le député bloquiste Richard Nadeau avait pu accepter une telle proposition de son parti. « On parle de milliards $ d'emplois et de services à la population que le Bloc souhaite couper. On ne peut pas faire cela. Comment le député Nadeau entend protéger les emplois des gens de Gatineau ? S'est-il tenu debout devant son chef ? Il doit donner des explications aux gens de Gatineau » a indiqué M. MacKinnon, qui a remporté l'investiture libérale dans Gatineau lors des prochaines élections.
Dramatique, selon Boivin
Pour sa part, la prochaine candidate du NPD dans Gatineau, Me Françoise Boivin, a réagi à la proposition du Bloc en soulignant que cette idée de ne combler d'un ou deux postes sur trois serait dramatique pour la région.
« Le Bloc, qui se prétend le défenseur des intérêts des employés de la fonction publique, est maintenant prêt à réduire le déficit sur leur dos. On met dans le même plan Paillé pétrolières et fonction publique ! Ils diront qu'aucun employé ne sera coupé, cependant, ils disent aussi qu'on peut couper deux postes sur trois d'employés qui prendront leur retraite dans les prochains cinq ans. Dans mon domaine, des coupures de postes signifient des réductions d'emplois ! Moins d'emplois disponibles, plus de travail pour ceux qui restent ! Ce serait dramatique pour la région ! » a commenté M. Boivin.














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