Dans un discours prononcé hier matin, à l'ouverture de la 90e assemblée annuelle de l'Institut à Ottawa, le président Corbett n'a pas laissé de doute sur le climat difficile qui s'annonce non seulement pour les employés de la fonction publique fédérale, mais aussi pour l'ensemble des travailleurs, dans un marché dans lequel les entreprises semblent maintenant dicter les programmes des gouvernements.
« À la suite de la lutte touchant l'article 35, nous avons reconnu les signes clairs d'une guerre ouverte qui se prépare contre les syndicats et la fonction publique canadienne tant fédérale que provinciale » a fait valoir le président Corbett.
« De fait, a-t-il ajouté, la fonction publique est constamment victime d'attaques dans les médias. On s'en prend à nos pensions. Quiconque a une pension semble une proie légitime. »
Puis, il a donné l'exemple des employés de Nortel qui se battent avec grandes difficultés pour conserver une partie de leurs régimes de retraite.
« Regardez Nortel. Il fut un temps où ils avaient un régime de pension. Où en sont-ils maintenant ? Leurs retraités manifestent sur la colline parlementaire et se battent pour leurs droits », a-t-il ajouté.
Élu en juin pour remplacer Michèle Demers, décédée subitement, le président Corbett a souligné que les signes de cette guerre ouverte contre les syndicats se sont déjà produits dans le passé, mais sont aussi symptomatiques du marché global de l'emploi dans lequel les entreprises prennent de plus en plus la place des gouvernements.
« Un marché dans lequel les entreprises qui à une époque ne s'occupaient que de leurs affaires semblent maintenant dicter les programmes des gouvernements » a fait remarquer M. Corbett, natif du Cap-Breton.
La science n'est qu'un des secteurs, a-t-il dit, dans lesquels les entreprises sont en position de mener le jeu à la place du gouvernement.
« Nous devons nous demander ce qui nous arrive quand une entreprise, que ce soit dans le domaine de l'alimentation, des produits pharmaceutiques, du transport aérien ou dans tout autre domaine dans lequel travaillent nos membres, peut-elle être réglementée par un gouvernement dont les employés ont de moins en moins de fonds disponibles pour acheter des instruments dernier cri, n'ont pas accès aux plus récentes revues ou conférences, ni même dans certains cas au perfectionnement professionnel ? ».
Campagne publicitaire
Il a plus tard invité les 423 délégués présents à visionner un film illustrant l'impact de la philosophie de la droite sur le monde du travail, sur les syndicats et leurs membres, et des conditions de travail pour lesquelles les syndicats se sont battus, mais qui ont maintenant disparu pour les travailleurs.
Au cours des prochaines semaines, le syndicat entend passer son nouveau message par le biais d'une campagne publicitaire nationale, a expliqué le président Corbett, « afin que tous les auditoires reconnaissent et respectent le travail important que réalisent chaque jour nos membres et ce, au service des Canadiens et du bien collectif ».













