Relations de travail tendues au Musée des beaux-arts

La librairie en voie de privatisation

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La direction du Musée des beaux-arts a lancé un appel d'offres sur Merx dans le but de vérifier l'intérêt pour la privatisation de sa librairie, un projet qu'elle réaliserait d'ici avril 2010.

ARCHIVES, LeDroit

Paul Gaboury
Le Droit

Un appel d'offres pour dénicher un opérateur pour la librairie est venu attiser hier les relations de travail déjà tendues au Musée des beaux-arts du Canada.

Jeudi, la direction a lancé un appel d'offres sur Merx dans le but de vérifier l'intérêt pour la privatisation de sa librairie, un projet qu'elle réaliserait d'ici avril 2010, selon le document mis en ligne.

Les employés du Musée des beaux-arts et leurs représentants syndicaux ont réagi dans les heures qui ont suivi en tenant une rencontre de stratégie et pour dénoncer les intentions de la direction, qui pourrait mener, selon eux, à la mise à pied de neuf employés permanents, donc huit syndiqués.

« Nous évaluons nos options légales » a fait savoir en milieu d'après-midi hier Philippe Carpentier, président du local 70397, de l'AFPC. Ce dernier dit ne pas comprendre cette décision de la direction puisque la librairie est profitable, avec des revenus de plus de 2 millions $ et des profits de 200 000 $ par an, ce qui inclut les salaires des employés. Le syndicat craint non seulement la perte des employés, mais une diminution de la qualité des services qui pourraient être offerts par un opérateur privé, avec des employés payés à des salaires moindres.

« Il n'y a rien dans cette demande d'intérêt au sujet du maintien de nos employés. Et il faut savoir que la librairie offre de nombreux produits que nous réalisons et en fonction des expositions qui sont présentées par le musée », a indiqué le président Carpentier.

Aucun commentaire de la direction

La direction du Musée des beaux-arts du Canada n'était pas disponible pour commenter sur ses intentions ou sur la rentabilité de la librairie, hier.

Au service des relations publiques, on nous a confirmé qu'une manifestation d'intérêt pour un opérateur de la librairie avait été mise en ligne sur Merx jeudi. « Aucun employé n'a été congédié, ou reçu un avis en ce sens », nous a-t-on indiqués. Pour toute autre information, on nous a référé au document publié sur Merx, le service informatisé d'appel d'offres.

Le contrat a une valeur estimée de 100 000 $ à 250 000 $. La date limite pour y répondre a été fixée au 4 décembre 2009, soit 16 jours après publication.

« Le genre d'opérateur recherché par le MBAC nécessiterait sans doute un engagement initial à long terme allant jusqu'à 5 ans, avec possibilité d'entente de renouvellement pour quelques années supplémentaires. La date désirée de mise en oeuvre serait le 1er avril 2010 » peut-on lire.

« L'opérateur idéal devrait posséder les ressources humaines et financières pour mobiliser rapidement une équipe de professionnels du détail, qui pourrait établir et prendre contrôle de tous les aspects inhérents au fonctionnement et à l'opération d'une grande librairie à succès. Ceci inclurait les fonctions d'achat de marchandises, le contrôle d'inventaire, la promotion des ventes, le point de vente, la comptabilité générale, etc. On espérerait que l'opérateur partage la vision du MBAC, pour une librairie esthétiquement plaisante, viable au point de vue commercial et qui continuerait à appuyer les oeuvres d'arts exposées, les expositions. » Le document précise par ailleurs que contrairement à une demande de proposition, sa demande de déclaration d'intérêt n'aboutit pas en un contrat soumission/proposition.

Prétextant des pertes de revenus, la direction du MBAC avait annoncé en septembre dernier le congédiement de 11 personnes, incluant les six guides et d'autres employés de l'administration. La plupart ont depuis quitté en acceptant une paie de séparation de six mois de salaire, a indiqué le président Carpentier, lui-même touché par des coupes. L'AFPC est d'ailleurs toujours en attente de décisions concernant les griefs déposés dans le cas de ces congédiements.

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