« Nous sommes la locomotive du patrimoine canadien ! », pouvait-on entendre devant les marches du parlement, où plus de 250 grévistes ont bruyamment réclamé l'imposition de l'arbitrage exécutoire.
« Est-ce qu'on doit aller bloquer un train pour que quelqu'un nous écoute ? », a demandé la vice-présidente de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) pour la région de la capitale, Maria Fitzpatrick.
Jeudi, les grévistes ont rejeté l'offre finale présentée par la Société du Musée canadien des civilisations dans une proportion de 96 %. « La grève dure depuis onze semaines et nous négocions depuis plus de huit mois ; il est évident que l'arbitrage est la meilleure option pour les deux parties », a déclaré le président national de l'AFPC, John Gordon.
Entente négociée
De son côté, la direction maintient qu'elle veut en venir à une entente négociée avec ses employés. « On réévalue la situation et on regarde les différentes options qui s'offrent à nous. Une entente négociée est toujours notre préférence », a commenté la vice-présidente aux Affaires publiques, Chantal Schryer.
La ministre fédérale du Travail, Rona Ambrose, avait pourtant entrouvert la porte à la mi-novembre. « Je suis prête à nommer un arbitre, mais aucune des deux parties n'y consent pour l'instant », avait-elle affirmé.
Le libéral Marcel Proulx est revenu à la charge - deux fois plutôt qu'une - lors de la période de questions d'hier. Pour le député de Hull-Aylmer, le gouvernement applique une politique de deux poids, deux mesures. « Les patrons du CN demandent à aller en arbitrage dans un conflit de travail ; le ministre a en main un projet de loi tout frais. Les syndiqués des musées de la guerre et des civilisations réclament un arbitrage depuis belle lurette ; le ministre ne les remarque même pas », a-t-il dénoncé.
Selon la ministre Ambrose, il y a toujours espoir d'un règlement sans intervention fédérale.
Depuis vendredi, les grévistes ont déplacé leurs pénates sur la rue Wellington, au centre-ville d'Ottawa, à deux pas des édifices parlementaires. « On a piqueté pendant plusieurs mois devant les deux musées. Maintenant, on veut avoir un impact politique », explique le guide et porte-parole syndical Daniel Poulin.
Les partis d'opposition ont tous trois dépêché des représentants, hier, afin d'appuyer les grévistes. Les questions liées à la sous-traitance et à la sécurité d'emploi demeurent les principales pommes de discorde. Les syndiqués demandent aussi des hausses salariales qui leur permettraient de rejoindre la moyenne des employés des autres musées nationaux de la région.











