Selon les syndicats du secteur public fédéral

« Le diable est dans les détails »

Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada... (La Presse Canadienne)

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Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada

La Presse Canadienne

Patrice Gaudreault
Le Droit

Les fonctionnaires fédéraux craignaient de faire les frais de la lutte au déficit. La lecture du discours du Trône, hier, n'a rien fait pour les rassurer.

Les syndicats du secteur public fédéral s'attendaient à devoir défendre leurs régimes de retraite. Ils devront finalement attendre le dépôt du budget, aujourd'hui, pour savoir s'ils peuvent baisser la garde sur ce front. Peu loquace sur le dossier des pensions, le discours prononcé par la gouverneure générale Michaëlle Jean pave cependant la voie à un gel des salaires pour les employés fédéraux.

Président national de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), John Gordon tentait toujours d'obtenir des précisions, hier soir. Il rappelle que les fonctionnaires fédéraux font déjà les frais de restrictions salariales, qui limitent les augmentations à 1,5 % en 2009 et 2010. « Le gouvernement semble vouloir adopter une position très dure, dit-il. Ils vont geler les budgets de fonctionnement des ministères. On ne peut pas faire ça sans affecter les emplois. »

Pas un discours négatif

Le discours du Trône a reçu un accueil moins glacial du président de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Gary Corbett. « Le diable est dans les

détails, prévient-il. Il faudra attendre le budget. Mais à mes yeux, ce n'est pas un discours excessivement négatif. »

Selon lui, l'idée de scruter les dépenses à la loupe pour optimiser l'efficience n'est pas mauvaise, dans la mesure où les syndicats sont impliqués. Il en va de même pour le gel salarial des parlementaires fédéraux. « Ils prêchent pas l'exemple aujourd'hui, mais ce n'a pas toujours été le cas », dit-il.

Recrutement

Le président de l'IPFPC craint par contre que le gel imposé aux fonctionnaires nuise aux efforts de recrutement et de rétention. « Il faut pouvoir attirer les meilleurs employés, dit-il. Ce sera de plus en plus difficile pour eux de faire leur travail. »

À la fin du discours du Trône, le gouvernement Harper dit reconnaître l'importance de la fonction publique « en tant qu'institution nationale ». Il s'engage du même souffle à « appuyer son renouvellement », sans pour autant aborder directement la question des pensions. Tout au plus, le gouvernement s'engage à veiller à ce que la fonction publique « soit prête à faire face aux changements que nécessitent le vieillissement de son effectif ».

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