Le gouvernement Harper fige dans la glace les budgets des ministères fédéraux aux niveaux de 2010-2011. Sans nouvelles entrées d'argent pour couvrir la hausse salariale prévue en juin, les ministères fédéraux devront immédiatement dégager une marge de manoeuvre dans leurs budgets existants. Bon an mal an, les ministères misaient sur une hausse de 5 % à 6 % de leurs budgets d'opération. Plus maintenant.
«À compter de cette année, nous allons geler le total des dépenses pour les salaires des employés du gouvernement, l'administration de l'État et les frais généraux», a déclaré le ministre Flaherty.
Les ministères et sociétés d'État verront leurs budgets faire du surplace jusqu'à la fin de l'exercice financier 2012-2013. Du coup, les syndicats du secteur public fédéral se buteront à un mur lors de la prochaine ronde de négociations. Sur un horizon de trois ans, ces «mesures de réduction de la croissance» permettront de dégager des économies de 3 milliards $.
Le gouvernement dit s'attendre à ce que les organismes fédéraux qui ne reçoivent pas de crédits du Parlement, tel que Postes Canada, emboîtent le pas en imposant un gel de leurs dépenses de fonctionnement.
Pour l'instant, pas question pour Ottawa de toucher aux régimes de pension de la fonction publique fédérale, malgré les rumeurs qui courraient depuis des semaines. «Nous n'allons pas équilibrer le budget sur les dos des retraités», a assuré le ministre Flaherty.
Le gouvernement entend par contre discuter avec les agents de négociation du secteur public «pour veiller à ce que le coût total de rémunération soit raisonnable». Il avertit du même souffle qu'il continuera de «chercher des moyens de mieux gérer tous les coûts de la rémunération, y compris les avantages sociaux».
Scrutés à la loupe
Les ministères fédéraux continueront d'être scrutés à la loupe par le biais d'«examens stratégiques», qui forcent les ministères à dénicher 5% d'économies dans les programmes moins performants. D'ici trois ans, les économies annuelles ainsi dégagées atteindront 287 millions $.
L'examen de la gestion des biens, qui a débouché sur la vente d'actifs dans le passé, demeure sur les rails. Le gouvernement entreprendra aussi un examen exhaustif des fonctions administratives et des frais généraux de l'État, afin de simplifier les processus et d'empocher des économies supplémentaires.
En outre, le gouvernement coupera 245 postes pourvus par le gouverneur en conseil. Les conseils d'administration de certains organismes, conseils, commissions et sociétés d'État subiront notamment une cure minceur.
«Au fil du temps, ceci devrait mener à une réduction de la taille de la fonction publique», peut-on lire dans le budget.

















