La grande majorité de ces postes, soit près de 90 %, sont vacants depuis un certain temps déjà, reconnaît le ministre Day, disant agir ainsi par soucis d'efficacité, sans pour autant affecter les services à la population. Même si l'épargne pour le trésor public « n'est pas gigantesque », le message est clair selon lui. « S'il y a des postes dont nous n'avons pas besoin, dit-il, nous allons les éliminer. ».
L'an dernier, un groupe de travail a posé sa loupe sur près de 2700 postes répartis dans plus de 200 comités, conseils, commissions, tribunaux et sociétés d'État. Sa recommandation : mettre la hache dans environ 9 % des postes pourvus par le gouverneur en conseil, c'est-à-dire sur recommandation du Cabinet.
La cure minceur touche une cinquantaine d'organismes fédéraux. Les tribunaux de révision du Régime de pension du Canada et de la Sécurité de la vieillesse perdent à eux seuls 40 postes comblés par nomination fédérale. Dans certains organismes, notamment le Conseil canadien du statut de l'artiste, le Comité consultatif sur l'Office de la commercialisation de l'eau douce, ou encore la Société de développement du Cap-Breton, tous les postes de gouverneur en conseil sont abolis.
Le budget présenté jeudi par le ministre des Finances, Jim Flaherty, gèle les budgets des ministères fédéraux aux niveaux de 2010-2011. Sans nouvelles entrées d'argent pour couvrir la hausse salariale de 1,5 % prévue en juin, ils seront forcés de dégager une marge de manoeuvre dans les budgets existants. Les ministères continueront de faire l'objet d'examens stratégiques, de façon à identifier 5 % d'économies dans les programmes moins performants.
Pour le ministre Day, l'objectif n'est pas de sabrer massivement. Il souligne cependant à gros traits que 13 000 employés fédéraux quittent chaque année la fonction publique fédérale. « Cette donnée donne une marge de manoeuvre aux ministères pour prendre des décisions, dit-il. Certains voudront combler ces postes. D'autres détermineront, comme nous l'avons fait avec des conseils et des agences, qu'ils peuvent demeurer efficaces sans certains postes. Nous ne mettrons pas un chiffre spécifique à chaque ministère. »
« Approche maladroite »
Le président du Conseil du Trésor a répété vouloir agir « en partenariat avec les fonctionnaires », afin de réduire les coûts tout en améliorant l'efficience.
Pour le député néo-démocrate Pat Martin, critique des dossiers touchant au Conseil du Trésor, cela équivaut « à demander à la fonction publique d'être les architectes de leur propre destruction ». « C'est une approche maladroite et mesquine de s'en prendre à la fonction publique chaque fois qu'on traverse des difficultés financières », dit-il. Le député Martin craint que la réduction de postes annoncée hier par le ministre Day ne soit que la première salve d'un « véritable assaut » contre l'administration fédérale.
Les libéraux ont pour leur part accusé le gouvernement conservateur d'avoir multiplié les nominations partisanes, pour ensuite se vanter de couper des postes vacants. « En noyautant les commissions par la nomination de leurs copains conservateurs et en coupant d'autres postes, (le gouvernement) a cimenté sa mainmise sur le pouvoir tout en se débarrassant d'une potentielle dissidence », a dénoncé le député libéral de Hull-Aylmer, Marcel Proulx.











