Dans les écoles de l'Outaouais

Les syndicats veulent plus de professionnels

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Le président du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais,... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Le président du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Gaston Audet, a dénoncé le «désengagement financier de l'État», hier soir, lors de la réunion du conseil de la CSPO.

Patrick Woodbury, LeDroit

 

François Pierre Dufault
Le Droit

Les syndicats qui représentent les éducateurs de l'Outaouais déplorent un manque de ressources professionnelles pour aider les élèves en difficulté. Ils demandent au gouvernement du Québec d'embaucher au moins 1300 professionnels de plus dans les écoles de la province.

Les quelque 3500 professionnels qui oeuvrent directement auprès des élèves en difficulté au Québec ne seraient pas assez nombreux pour suffire à la tâche, estime le front commun syndical qui négocie le renouvellement de leur convention collective. Cette carence serait directement responsable du taux élevé de décrochage scolaire dans la région.

« Il arrive souvent qu'un élève passe entre les mailles du filet parce qu'on retarde d'une année ou deux un diagnostic qui pourrait l'aider », observe Benoît Tolszczuk, qui représente le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) au niveau régional.

Hier, des représentants du SPGQ et de la Fédération des professionnels de l'éducation du Québec (FPPE) étaient de passage à Gatineau dans le cadre d'une tournée provinciale. Ils ont revendiqué l'embauche d'un plus grand nombre d'intervenants, notamment des psychologues et des orthophonistes, pour aider à retenir la clientèle scolaire de l'Outaouais et lui donner de meilleures chances de réussir.

À l'heure actuelle, un élève en difficulté peut attendre en moyenne deux mois avant de rencontrer un psychologue. En orthophonie, ce délai peut s'étirer jusqu'à un an.

« Les commissions scolaires reçoivent moins d'argent du gouvernement du Québec parce qu'elles comptent moins d'élèves qu'avant. Par contre, elles comptent proportionnellement plus d'élèves en difficulté. Les professionnels sont donc toujours appelés à éteindre des feux », fait valoir Jean Falardeau, le président de la FPPE.

De plus, les professionnels sont souvent appelés à répartir leur tâche dans plusieurs écoles. C'est notamment le cas des animateurs à la vie spirituelle et à l'engagement communautaire qui, comme M. Tolszczuk, doivent couvrir de six à huit écoles.

« Du même coup, nous finançons les écoles privées à hauteur de 60 % tout en leur permettant de sélectionner les meilleurs élèves et de nous retourner, sans aucune gêne, leurs élèves s'ils éprouvent des difficultés », a ajouté Gaston Audet, le président du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais.

M. Falardeau est d'avis que les interventions des professionnels sont trop peu fréquentes pour faire une différence chez les élèves. Il trace un lien direct entre le « manque de ressources » qu'il dénonce et le taux de décrochage scolaire de 34 % en Outaouais, un des plus élevés de la province. Selon lui, il faudrait au moins une trentaine de professionnels de plus dans la région.

Et il n'y a pas que les élèves qui décrochent.

M. Tolszczuk constate qu'un nombre croissant de ses collègues demandent des congés, faute d'épuisement professionnel. Ils seraient nombreux à chercher un autre emploi dans le secteur privé ou en Ontario, où ils obtiennent généralement une meilleure rémunération. Les parents d'enfants en difficulté qui en ont les moyens, eux aussi, se tournent vers le privé.

Les éducateurs publics au Québec négocient depuis l'automne dernier en vue du renouvellement de leurs conventions collectives. Ils réclament, entre autres, de meilleurs salaires et davantage de temps de préparation à l'enseignement.

« Le désengagement financier et humain de l'État envers l'école publique, et envers son personnel enseignant, est désespérant pour ceux et celles qui portent cette école à bout de bras au quotidien », a martelé M. Audet, hier soir, lors d'une rencontre du conseil de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais.

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