C'est l'explication qu'a donnée le ministre James Moore au sujet du document unilingue anglais signé entre Patrimoine canadien et le comité organisateur des Jeux de Vancouver (COVAN), et par lequel son gouvernement s'engageait à verser 20 millions $ pour la cérémonie d'ouverture.
« Le ministre admettra-t-il que le simple fait d'émettre ses directives en anglais seulement est de faire preuve peut-être de négligence, à tout le moins d'indifférence, et certainement d'un manque de leadership ? Une chance qu'on avait les athlètes ! Au moins on pouvait être fiers d'eux, mais il n'y a pas de quoi être fiers avec le gouvernement » a lancé le député Mauril Bélanger, critique libéral pour les Langues officielles, lors d'une intervention à la Chambre des communes.
Le ministre Moore a répliqué que si le document est uniquement en anglais « c'est parce que l'avocat du COVAN qui a signé ce contrat avec le gouvernement fédéral avait le choix de le signer en anglais ou en français. Puisqu'il est un avocat intelligent, c'est-à-dire pas un libéral, il n'a pas signé un contrat dans une langue qu'il ne parle pas, mais l'a signé en anglais. Le contrat contient 15 clauses qui énoncent clairement les exigences rattachées aux langues officielles. Nous avons respecté ces clauses. »
Motion de Bélanger
Le gouvernement a dû traduire le contrat pour répondre à une motion déposée par le député Bélanger et adoptée à l'unanimité.
Sa motion avait suivi le refus du ministère de remettre le document au journaliste du Droit.
Le document de 19 pages, dont nous avons fait état dans notre édition de jeudi, révèle que l'égalité de l'anglais et du français à la cérémonie d'ouverture et de fermeture n'était pas une exigence.
Le gouvernement demandait toutefois qu'elles se déroulent dans les deux langues officielles, que la version bilingue de l'hymne national soit chantée, puis que le programme inclut des participants et des activités représentant les deux langues officielles.
En entrevue mercredi, le député Bélanger avait qualifié de « minimalistes » les exigences à l'égard des cérémonies d'ouverture et de fermeture. Il avait préféré toutefois attendre le rapport du Commissaire aux langues officielles avant de commenter davantage. Une quarantaine de plaintes ont été déposées auprès du Commissariat au sujet des Jeux.












