David Hutton, le président de FAIR (Federal Accountability Initiative for Reform), a confirmé en entrevue hier avoir obtenu la confirmation qu'une entente était intervenue entre Mme Gualtieri et son ex-employeur, le gouvernement fédéral.
« Il s'agit d'un développement majeur dans une cause très importante. Nous sommes encore en train d'analyser ce qui vient de se produire », a indiqué M. Hutton. Toutefois, il n'a pu obtenir aucun autre détail et a précisé que Mme Gualtieri ne fournirait aucune autre information ou commentaire.
Confidentialité
« Dans ce genre de règlement, les parties signent un document de confidentialité qui les engage à ne pas divulguer les détails de l'entente ni de les commenter » a expliqué M. Hutton.
Mme Gualtieri alléguait avoir été victime de harcèlement de son employeur pour avoir dénoncé dans des rapports les extravagances du ministère des Affaires étrangères pour l'hébergement de diplomates canadiens en pays étrangers en 1992, un rapport qui recoupait un rapport du Vérificateur général du Canada. Après avoir quitté son emploi, elle avait décidé d'intenter en 1998 une poursuite de plusieurs millions de dollars pour harcèlement et intimidation contre son ancien employeur.
Plus de 10 000 questions
Puis après une longue saga, un juge avait rendu un jugement en 2008 dans lequel il déclarait que les avocats du gouvernement fédéral avaient abusé de la procédure en obligeant Mme Gualtieri à répondre à plus de 10 569 questions avant même la tenue du procès, ce qui prenait l'ampleur, avait dit le juge, d'une commission publique d'enquête.
Il y a deux ans, on avait estimé que le volume de documents au ministère de la Justice dans l'affaire Gualtieri atteignait la hauteur d'un édifice de cinq étages, avec plus de 160 000 pages.
Aux États-Unis, les dénonciateurs ont souvent fait parler d'eux dans les affaires d'Enron, d'Exxon et même du FBI, le gouvernement américain étant souvent cité en exemple pour l'avancement des droits des dénonciateurs.
Mais au Canada, c'est l'affaire Gualtieri qui aura été la plus médiatisée parce qu'elle a levé le voile sur le sort réservé à des gens qui décident de dénoncer des abus ou des actes répréhensibles dans les organisations.












